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La retraite des retraites

Extrait de la dépêche Belga relayée par La Meuse (ici)

Les pensionnés ont perdu près de 30% de pouvoir d’achat en dix ans, ont déploré jeudi 500 pensionnés et prépensionnés de la FGTB wallonne réunis à Sambreville pour leur assemblée annuelle. Ils souhaitent l’amélioration de notre système de pensions par répartition, basé sur la solidarité.

Nous partageons le constat du syndicat belge et son attachement inconditionnel au premier pilier, le seul qui soit fiable puisque, faute de décalage dans le temps entre les cotisations et les prestations, il n'est pas soumis à la spéculation. 
Moins de pension, c'est moins de salaire. Moins de salaire, c'est une demande anémiée au moment où les intérêts notionnels coûtent 6 milliards par ans, où les cadeaux fiscaux aux plus grosses entreprises coûtent des milliards (voir ici).

Moins de salaire, c'est aussi une misère qui pousse à bosser pour un patron, pour une petite enveloppe, en loucedé ou dans des sous-contrats; moins de salaire, c'est une consommation de produits frelatés, c'est une consommation de produits fabriqués par des esclaves à l'autre bout du monde ... ou ici.

Comme si les personnes âgées n'avaient pas d'importance, comme si les personnes n'avaient pas d'importance. Mais les profits se portent bien, les dividendes explosent dans le PIB, merci et à vot' bon cœur m'sieur-dame.

Petite précision au syndicat: les salaires sociaux que sont les pensions n'ont rien à voir avec de la solidarité. Ils sont la reconnaissance d'une valeur ajoutée produite hors emploi par des gens qui n'ont pas de patron. Une reconnaissance et un modèle économique alternatif - rien à voir avec un bon cœur, fût-il estampillé de gauche. La valeur ajoutée créée par les pensionnés disparaîtrait s'ils disparaissaient, ce sont les pensionnés qui créent cette valeur ajoutée dans un mode de production étranger à l'emploi. Et ils ont toute notre gratitude pour leur formidable apport social.

http://www.lameuse.be/958727/article/actualite/economie/2014-03-13/les-pensionnes-ont-perdu-pres-de-30-de-pouvoir-d-achat-en-10-ans-selon-la-fgtb

Une énième proposition de 'réformes' des retraites alarmistes

Un article de La Libre Belgique (ici) se fait le relais d'un think tank de 'jeunes', le 'Groupe du vendredi'. 

Ces 'jeunes' ont tout de même entre 25 et 35 ans (ce qui me vaudrait presque ce qualificatif, j'apprécie). Leur neutralité proclamée ne résiste pas à l'analyse des faits: leur appréhension du problème et leurs propositions ne sont absolument pas neutres.




  • Résumé
Un article de La Libre Belgique se fait le relais d'un think tank de 'jeunes', le 'Groupe du vendredi'. Leur neutralité proclamée ne résiste pas à l'analyse des faits: leur appréhension du problème et leurs propositions ne sont absolument pas neutres.






Tout d'abord, notre attention a été attirée par deux chiffres mis en exergue:
1. celui du montant ANNUEL des pensions légales, assurée par les cotisations sociales, par répartition. Ce montant est un flux de cotisations/prestations repris au PIB. 
2. celui du montant TOTAL de la capitalisation des fonds de pension du deuxième pilier en Belgique. Montant produisant annuellement une rente de 5% en moyenne (variant selon les performances des fonds de pension sur les marchés financiers), soit 3,15 milliards.

L'honnêteté intellectuelle aurait voulu qu'on comparât deux flux et non un flux et un stock – surtout si la valeur du stock en question varie en fonction d'aléas boursiers, inéluctables à l'échelle d'une carrière professionnelle.

La question par ailleurs sous-jacente est de savoir si l'économie doit être fondée en salaires, comme elle l'est avec succès depuis la fin de la dernière guerre, et en partage de la valeur ajoutée ou si elle doit être fondée sur la solidarité financière de fonds spéculatifs.

Voyons maintenant plus en détail les propositions des retraités en herbe.
Nous courons à la catastrophe si nous ne faisons rien. Aujourd'hui, tout va bien ; demain rien n'ira plus sauf à poser des actes de 'réforme' courageuse.
Cette menace est très théorique. La diminution de main-d’œuvre ne signifie pas nécessairement une baisse de la production – si l'on songe à l'agriculture depuis la Libération en raisonnant comme cela, nous devrions mourir de faim aujourd'hui. Pourtant, nous avons toujours à manger.
Les prédictions démographiques sont sujettes à caution. Il faudrait, en tous cas, que l'espérance de vie ne diminue pas, que les apports énergétiques et le système industriel demeurent, eux aussi, inchangés, ce qui est pour ainsi dire inimaginable. Par ailleurs, ces prévisions sont des extrapolations de tendances. En 2050, les baby-boomers seront morts (ce qui diminuera mécaniquement le nombre de papys) et les naissances auront pu reprendre du poil de la bête si les perspectives d'avenir s'améliorent. La question, c'est comment donner le goût à la vie aux gens, comment leur permettre d'avoir envie de fonder des familles, de croire en l'avenir. Comment faire pour cultiver, pour développer la créativité humaine? Il ne s'agit pas de renoncer à l'avance à toute perspective et se dire que, dans trente-cinq ans, tout sera aussi bouché qu'aujourd'hui, il s'agit d'ouvrir les perspectives, pour les 'jeunes' et pour les vieux. Par ailleurs, il faut rappeler que, à la Libération, les personnes âgées étaient moins nombreuses relativement mais les enfants, les bébés, non cotisants étaient, eux, très nombreux et occasionnaient des investissements qu'une société d'après guerre a pu assumer sans problème sur les décombres des villes et des usines bombardées.

Dans la vision du monde de ce groupe du vendredi, la population est un coût. Les vieux, les jeunes, les malades, les vacanciers, les familles sont un coût. Nous signalons que le vieillissement d'une population fait également baisser la proportion de jeunes parmi elle.  
Évidemment, leur vision du monde n'est absolument pas neutre si l'on réfléchit un peu aux faits économiques. Nous ne sommes pas dans une économie sahélienne de subsistance famélique en train de gratter la terre pour trouver de méchantes racines, nous sommes dans une économie de production industrielle de masse. Notre économie parvient à couvrir les besoins de la population. Elle y parvient tellement largement que les entreprises doivent inonder les consommateurs de publicités pour trouver des clients. Depuis 200 ans, notre système économique est confronté exclusivement à des crises de surproduction. Il y a chaque fois eu, à un moment donné, une rupture de la demande par rapport à l'offre.
Les usines produisaient trop par rapport au pouvoir d'achat des salariés. Elles restaient les bras ballants avec leurs invendus, elles licenciaient, ce qui privait de salaire les ouvriers qui cessaient donc d'acheter ce que produisaient les usines. La crise des subprimes n'a rien été d'autre puisqu'il s'est agit d'une bulle boursière autour de la solvabilité d'une partie des salariés US, laquelle a explosé le jour où il a été clair que ... leurs salaires ne leur permettraient pas d'honorer leurs dettes. La crise actuelle est une crise de surproduction.

Nous sommes confrontés à un chômage de masse, pas à une rupture de la main-d’œuvre. De ce fait, si le vieillissement de la population est accompagné d'un droit au salaire pour le troisième âge par les pensions, il soutient durablement la demande et conjure les effets cycliques conjoncturels. Quand il y a de la demande solvable, une entreprise peut produire parce qu'elle a un carnet de commande plein. C'est cette donnée qui permet d'expliquer la stabilité économique de la Belgique dans un contexte de récession générale, pendant que nous cherchions un gouvernement et qu'aucune mesure socio-économique ne pouvait être prise.

Dans l'ensemble de la valeur ajoutée produite par les Belges (PIB), une bonne partie provient de secteurs de l'économie tout à fait déconnectés de l'emploi. Les cotisations sociales sont venues s'ajouter au PIB au moment où on a pris la décision politique de socialiser les salaires. De la même façon, si on supprime ces cotisations, c'est le PIB qui en sera amputé. Les pensions par répartition créent une partie de la valeur ajoutée sans passer par l'emploi. Comme elles sont issue d'une décision politique, elles peuvent aussi bien être étendues (ou supprimées). Comme les cotisations sont instantanément versées aux pensionnés, comme il n'y a pas de décalage dans le temps entre la création de valeur par cotisation et la prestation sociale, il est toujours possible d'adapter la cotisation à de nouveaux besoins de prestation : il suffit de l'augmenter. Cela met la pension par répartition à l'abri de toute spéculation, de toute déconfiture boursière.
Par contre, les pensions par capitalisation – qu'elles soient gérées par des organismes publics ou par des fonds vautours concurrents – sont des pyramides de Ponzi, des produits spéculatifs dangereux. Il y a jusqu'à quarante ans entre l'approvisionnement du fonds et le payement des intérêts ou de la rente. Pendant ces quarante ans, le principal, le capital est censé gonfler mystérieusement sans interruption ni régression. Les intérêts sont censés venir en temps utile couvrir les besoins. Cette fable suppose que l'argent crée de l'argent. Si c'était le cas, il suffirait d'imprimer des billets de banque pour payer les pensions.

  • Illustration et enjeu


Tout d'abord, pour tenter de clarifier, simplifier le propos, voici deux extraits du mémorandum présenté qui apparaissaient en exergue sur la page de la Libre qui le présentait. Avec deux chiffres :

1. celui du montant ANNUEL des pensions du premier pilier. Le premier pilier est la partie de la pension assurée par les cotisations sociales, par les répartitions. Ce montant est le flux de cotisations/prestations sociales pensions - repris au PIB parce qu'il est l'affectation d'une partie de la valeur ajoutée aux pensionnés. 

2. celui du montant TOTAL constituant les fonds de pension du deuxième pilier en Belgique. Montant produisant annuellement une rente de 5% en moyenne (variant selon les performances des fonds de pension sur les marchés financiers), soit 3,15 milliards.

L'honnêteté intellectuelle aurait voulu - au moins - de présenter les soi-disant 2 piliers de pension pour leur réel apport annuel : 35 milliards (1er) vs. 3 milliards (2e).

La question par ailleurs sous jacente est de savoir si l'économie doit être fondée en salaires, comme elle l'est avec succès depuis la fin de la dernière guerre, et en partage de la valeur ajoutée.

Ou si elle doit être fondée sur des fonds spéculatifs dont on espère la solidarité pour le financement de prestations "sociales" par des mécanismes de charité publique ou privée.
Voyons maintenant plus en détail les propositions des retraités en herbe.


  • La vision du monde

Nous courons à la catastrophe si nous ne faisons rien. Aujourd'hui est un bien, demain, ce bien va disparaître sauf à poser des actes de 'réforme'. La 'réforme' est alors la planche de salut, l'acte rédempteur collectif face à une menace. Face à la peur, le rationnel s'efface au profit de l'affectif et les décisions les plus arbitraires peuvent s'imposer.

- Cette menace est très théorique. S'il faut suivre leur logique, nous devrions mourir de faim en Europe: le nombre d'agriculteurs a été divisé par quinze (un agriculteur pour 33 actifs maintenant, un pour deux à la Libération). Pourtant, nous avons toujours à manger. 
Ce groupe, dans son catastrophisme très mainstream, confond la production de biens et de services, la masse salariale et le nombre d'heures ouvrées. Rappelons que, à la Libération, moment où la sécurité sociale fut instaurée en Belgique, le rapport entre actifs et inactifs n'était guère meilleurs que celui que prévoient les statisticiens pour notre avenir: les enfants ne travaillaient guère et étaient nombreux - que l'on songe aux baby-boomers qui vagissaient alors, de manière 'improductive' au sens libéral; les invalides, les blessés de guerre étaient également nombreux et - last but not least - dans leur immense majorité, les femmes ne travaillaient que hors du cadre de l'emploi. L'un dans l'autre, le taux d'activité de la population était inférieur à celui prévu par les démographes. De même, l'Allemagne serait plein marasme économique si seul l'âge de la population importait.

- La productivité permet de produire autant avec moins de personnel - ce qui met la pression, d'ailleurs, sur l'emploi et les salaires. 
Ceci explique le luddisme ou d'autres mouvements de libération de la machine: les innovations techniques condamnaient les anciens techniciens à la famine parce qu'elles les rendaient inutiles à la production.

- Dans cette vision du monde, la population est un coût. Les vieux, les jeunes, les improductifs sont un coût. Nous signalons que le vieillissement d'une population fait également baisser la proportion de jeunes 'improductifs' parmi elle.
Évidemment, une telle vision du monde n'est absolument pas neutre - elle est même délirante si l'on réfléchit un peu aux faits économiques. Nous ne sommes pas dans une économie sahélienne en train de gratter la terre pour trouver de méchantes racines, nous sommes dans une économie de production de masse. Notre économie parvient à couvrir les besoins de la population. Elle y parvient tellement largement que les entreprises doivent inonder les consommateurs de publicités pour trouver des clients. Les dizaines de crises de notre système de production ont toutes été des crises de surproduction depuis 200 ans. Il y a chaque fois eu, à un moment donné, une rupture de la demande par rapport à l'offre. Les usines produisaient trop par rapport au pouvoir d'achat des salariés. Elles restaient les bras ballants avec leurs invendus, elles licenciaient, ce qui privait de salaire les ouvriers qui cessaient donc d'acheter ce que produisaient les usines. La crise des subprimes n'est rien d'autre puisqu'il s'agit d'une bulle boursière autour de la solvabilité d'une partie des salariés US, laquelle a explosé le jour où il a été clair que ... leurs salaires ne leur permettraient pas d'honorer leurs dettes. La crise actuelle est une crise de surproduction. Nous sommes confrontés à un chômage de masse, pas à une rupture de la main-d’œuvre. De ce fait, si le vieillissement de la population est accompagné d'une solvabilisation du troisième âge par les salaires sociaux, il est une chance de soutenir durablement la demande et de conjurer les effets cycliques conjoncturels: une entreprise produit parce qu'elle a un carnet de commande plein, pas parce qu'elle a de l'argent.
- Les prédictions démographiques sont sujettes à caution. Il faudrait, en tous cas, que l'espérance de vie ne diminue pas, que les apports énergétiques et le système industriel demeurent, eux aussi, inchangés, ce qui est pour ainsi dire inimaginable.
Par ailleurs, ces prévisions sont des extrapolations de tendances. En 2050, les baby-boomers seront morts (ce qui diminuera mécaniquement le nombre de papy) et les naissances auront pu reprendre du poil de la bête si les perspectives d'avenir s'améliorent. La question, c'est comment donner le goût à la vie aux gens, comment leur permettre d'avoir envie de fonder des familles, de croire en l'avenir. Comment faire pour cultiver, pour développer la créativité humaine? Il ne s'agit pas de renoncer à l'avance à toute perspective et se dire que, dans trente-cinq ans, tout sera aussi bouché que aujourd'hui, il s'agit d'ouvrir les perspectives, pour les 'jeunes' (comme moi!) et pour les vieux.
- Pour les 'jeunes', seule la création de valeur ajoutée par l'emploi, dans la convention capitaliste de l'emploi, peut être efficace et créer de la richesse économique. Or, dans notre PIB, dans l'ensemble de la valeur ajoutée produite par les Belges, une bonne partie provient de secteurs de l'économie tout à fait déconnectés de l'emploi. Les cotisations retraites sont venues s'ajouter au PIB au moment de leur création. De la même façon, si on supprime ces cotisations, c'est le PIB qui en sera amputé. Les retraites par répartition créent une partie du PIB, de la valeur ajoutée sans passer par l'emploi. Quand on réduit la valeur ajoutée au seul emploi, ce n'est pas neutre. Cela aboutit, si on pousse la logique jusqu'au bout, à des absurdités genre: sans langage - le langage est acquis hors emploi - comment les soi-disant productifs peuvent produire quoi que ce soit? S'il faut créer davantage de valeur du fait du vieillissement de la population, il est possible de la faire en dehors de l'emploi ou de la propriété lucrative: il suffit d'augmenter les cotisations sociales, ce qui augmentera mécaniquement le PIB d'autant et ce qui permettra à une économie en surproduction de trouver des débouchés.

  • Les propositions
1. Il s'agit de maintenir l'existant (double pilier, mortel à terme pour le premier, celui de la répartition). 
Évidemment, de notre point de vue, toute capitalisation des retraites est intrinsèquement spéculative. Voilà donc des 'jeunes' qui pensent comme les vieux et qui recommandent de ne rien changer. De bon petits, ça, ils iront loin.

2. Rendre transparent: donner à chacun le montant auquel il a droit. 
C'est une façon subtile de renforcer le principe du 'j'ai cotisé donc j'ai droit' de la retraite assurantielle, de l'inscrire hors du cadre du salaire continué. Ce principe lie la retraite au 'mérite' c'est-à-dire exclusivement à la carrière dans l'emploi. Mais le travail n'est pas l'emploi et le mérite ne se borne pas à vendre sa force de travail. D'autre part, la retraite permet de libérer le travail de l'emploi, justement, sauf si on lie les droits de la retraite à l'emploi. Il faut abaisser l'âge de la retraite et universaliser les droits à la retraite pour favoriser une activité hors emploi le plus tôt possible.

3. Le boys band préconise une harmonisation des retraites. 
Là, pour le coup, nous sommes d'accord, mais pas comme eux: ils veulent que les fonctionnaires touchent moins de retraite pour qu'ils rejoignent les taux du privé. Nous suggérons évidemment l'exact inverse - mais il est vrai que, pour nous, l'humain en général, le salaire en général et le retraité en particulier ne sont pas des coûts mais des facteurs économiques positifs de première importance (qui produisent de la valeur hors emploi).
Tant qu'à faire, nous suggérons que les indépendants jouissent du même taux de cotisation et des mêmes prestations que les autres salariés - et que ces prestations soient liées à la qualification et non à la carrière consentie par des employeurs. Nous suggérons en tous cas d'augmenter le taux de cotisation en fonction des besoins. Idéalement, il faudrait d'étendre la cotisation à l'entièreté des salaires, ce qui supprimerait les relations d'emploi et permettrait des relations de travail infiniment plus saines et ... plus productives.
 Les mesures 4 (revoir les périodes assimilées) et 5 (la carrière plutôt que l'âge) légitiment et renforcent le concept du 'j'ai cotisé donc j'ai droit' de la retraite assurantielle.
Cette façon de voir limite la légitimité de la valeur économique, de la violence sociale qu'elle condense au seul emploi. Poussons notre logique jusqu'au bout: nous préconisons un salaire continué, lié à la qualification et non à la carrière et, ce, dès la majorité, pour libérer l'activité de l'asservissement à un employeur. Le salarié reçoit de toute façon son salaire et c'est son patron qui doit se battre pour le garder, patron qui paie, lui aussi, de toutes façons, les cotisations sociales.

Dans la même optique, la mesure 6 (responsabiliser les entités fédérées) vise à diviser la sécurité sociale des fonctionnaires 'pour les responsabiliser'.
Dans un contexte où la dette publique créée par le sauvetage des banques et les taux d'intérêt usuraires des années 70-80 expliquent seuls l'austérité obligatoire que nous subissons en Belgique depuis quarante ans, une telle 'responsabilisation' ne manque pas de piquant, surtout pour les entités sous-financées ou pour les entités pauvres.

La mesure 7 (tenir compte de l'espérance de vie) s'inscrit pleinement dans une vision pension=coût. Nous considérons que les salaires socialisés, que les retraites sont un investissement, qu'ils augmentent la productivité, la partie réalisée du capital.
Un retraité va dépenser toute sa retraite alors qu'un gros actionnaire ne va pas dépenser tous ses dividendes. À PIB égal, à valeur ajoutée égale, si la proportion du prix qui part en dividendes baisse au profit de la proportion du prix attribuée aux retraites, la partie du prix qui sera réinjectée dans l'économie productive augmentera, cela soutiendra la demande.

La mesure 8 (ouvrir aux fonctionnaires l'accès au deuxième pilier, les retraites par capitalisation) considère que, quand les retraites sont financées par capitalisation, elles cessent, de manière magique, d'être un coût.
Inutile de dire que, pour un travailleur, le fait de cotiser 300€ par mois pour des retraites ne 'coûte' pas moins cher que d'avoir un salaire ponctionné de 300€ par mois par un fonds de pension (fût-il public). Au passage, par contre, le décalage dans le temps entre la cotisation et la prestation permet toutes les spéculations (et toutes les ruines, tous les crash boursiers version 'cette fois-ci, on ne nous y reprendra plus'), le fonds de pension va ponctionner les prestations de frais divers (mettons 15%, il ne reste que 255€ au salarié, finalement, pour sa pension).  
Implicitement, cette façon de voir prétend que l'argent pris par le propriétaire lucratif, par l'actionnaire ne coûte rien, que c'est un droit naturel, en quelque sorte. En Belgique, le coût moyen de ce 'droit' s'élève à 95% du salaire pour un travailleur moyen (ici) - soit quatre fois plus que le montant des retraites. Nous avons également vu que les retraites en répartition ne coûtaient rien à personne: comme tout le monde paie des cotisations, si on augmente les cotisations, le PIB et la valeur ajoutée augmentent ... et c'est tout.
S'il y a davantage de retraités, il suffit d'augmenter le taux de cotisation. Si la proportion d'inactifs double par rapport au taux d'actif (thèse que nous avons contestée tant les tendances actuelles risquent de ne pas durer): la réalisation des retraites doublera, passant de 27 à 54 milliards (13% du PIB) - très loin des 120 milliards (30% du PIB) que coûtent le capital.
La mesure 9 (verser le second pilier en mensualités) entend solidariser le Belge des fantaisies spéculatives (ou de la corruption) de ses élus.
Cela s'appelle socialiser le risque, une vieille technique des propriétaires lucratifs, des actionnaires pour lesquels, décidément, ce rapport ne prend aucun risque.

La mesure 10 (limiter les déductions fiscales liées à l'épargne-pension) a toute notre faveur. Même si, une fois de plus, cette mesure laisse les retraités à la merci des institutions: si les pouvoirs publics augmentent leur taux d'imposition alors que les retraites par capitalisation sont mensualisées et qu'elles sont ouvertes aux aléas du marché, les retraités peuvent tout perdre.
Nous suggérons au contraire une taxe à 100% sur toute pension capitalisée, sur toute propriété lucrative - simplement pour libérer le travail du joug de l'emploi servile, soumis à la nécessité de créer de la valeur ajoutée pour l'actionnaire. Cette mesure taxatoire serait soumise à l'attribution d'une retraite suffisante pour tous.

Derrière le sujet prétendument 'jeune' et 'neutre' se dessine une vision du monde ultra-libérale qui entend faire perdurer un système d'exploitation, celui de l'emploi, celui du travail soumis aux intérêts vénaux des actionnaires.

Ce groupe de 'jeune' entend utiliser la peur, l'irrationnel pour nous pousser à prendre des décisions contraires aux intérêts des producteurs. Il ne s'agit pas de quémander des miettes du capital une fois vieux, il s'agit de se libérer du rapport du capital à la valeur et, partant, de l'esclavage du travail dans lequel on ne décide pas ce qu'on produit, pour quoi on le produit ou comment on le produit. L'enjeu des retraites, c'est de s'affranchir de la définition de la valeur capitaliste, pas de la légitimer en en étant dépendant.

Quant à ce rapport de 'jeunes neutres' nous ne voyons qu'un rapport de plus, sur commande, des élites réformatrices dans leur guerre au salaire. Dont acte.

Histoire des retraites françaises et de la gauche


Fakir retrace l'histoire des retraites françaises et de la gauche, extrait

Dans son « vaste plan de sécurité sociale », le Conseil national de la Résistance prévoit, durant l’Occupation, « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ». à la Libération, le Parti Communiste est à son apogée. Pour la première fois de son histoire, il participe au gouvernement. Et le ministre des Travailleurs Ambroise Croizat annonce, dès sa nomination, que « la retraite ne doit plus être l’antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie ». En moins de six mois, le 22 mai 1946, la loi est votée, et le sort d’1,5 million de personnes, qui ne dépendaient jusque-là que de la charité, ou de la prolongation du travail jusqu’à l’épuisement, s’améliore. Dès 1947, cinq millions de personnes bénéficient du nouveau régime.

http://www.fakirpresse.info/Les-retraites-nouvelle-étape-de.html

Le gouvernement argentin augmente les pensions

Selon un article de Telesur (ici, en espagnol), Cristina Fernández, la présidente argentine, a décidé d'augmenter une nouvelle fois les pensions. Cette fois, elles sont augmentées de 27% après une augmentation de 11% en septembre. Si la plateforme n'a pas vocation à relayer quelque discours politique que ce soit, nous vous en faisons part ici car il s'agit ici d'une prise de parti en faveur du salaire social tout à fait remarquable.

Pour la présidente, la pension est un investissement social. Elle critique les économistes qui craignent que cette mesure ne provoque de l'inflation (c'est la théorie du NAIRU) en expliquant que, pour que l'investissement économique puisse porter ses fruits, il fallait que les gens achètent les biens de consommation, qu'ils aient accès à un salaire.

Voici une femme politique qui montre un courage et une détermination qui laissent les millions de chômeurs, de précaires, de pensionnés faméliques ou de travailleurs exploités en Europe rêveurs: le salaire n'est pas un coût mais un investissement. 

À faire passer aux thuriféraires de l'emploi (à tout prix), aux partis politiques soi-disant engagés, aux syndicats soi-disant combatifs, englués dans le concession bargaining.

US pensions under attack

Ne vous attendez à rien d'exotique en lisant cet article en anglais, ceci se passe aux Etats-Unis mais pourrait se passer en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Angleterre.

Ce goût de déjà-vu doit paraître particulièrement amer aux futurs faméliques pensionnés de Hartz IV qui auront eu une carrière complète, des salaires incomplets et auront des pensions à peu près inexistantes.

Résumé succinct et traduction:

Aux Etats-Unis, des activistes conservateurs fabriquent la perception d'une crise des pensions publiques pour saper les pensions des retraités modestes et de préserver les coûteux subsides et les cadeaux fiscaux aux compagnies.

Depuis des années, des états et des villes ont échoué à remplir pleinement leurs obligations à financer leurs pensions annuelles. Ils ont utilisé les fonds qui devaient aller aux pensions pour de coûteuses diminutions d'impôt et pour subsidier les compagnies. Cela a créé un déficit dans les pensions, réel mais surmontable.

Pourtant, au lieu d'utiliser ce déficit pour rétablir les impôts et couper les subsides, les activistes conservateurs et les avocats invoquent cette raison pour sabrer dans le montant des pensions.


Mise en perspective:

Nous défendons la pension comme salaire détaché de l'emploi (et à ce titre, comme alternative concrète, efficace, humaine et durable à l'emploi). Tout rabotage, toute diminution de ce droit nous affaiblit. Il nous faut au contraire étendre la retraite à 18 ans et ce dans le monde entier pour libérer l'activité du joug de la productivité, de la plus-value.

Nous voulons être créatifs dès 18 ans, dès la naissance.

Les rues de Varsovie défilent pour les salaires et les retraites

Résumé et traduction:

Dans les rues de Varsovie ont défilé des dizaines de milliers de manifestants à l'appel des syndicats. Ils se révoltent contre la politique très favorable aux marchés du gouvernement de Donald Tusk. Ils protestent contre l'extension de l'emploi: postposition de l'âge de la retraite  à 67 ans, allongement de la semaine de travail.



Alors que le salaire mensuel moyen est de 880€ brut, les manifestants demandent des augmentations de salaire. Parmi eux, le célèbre syndicat.

Ces manifestations attestent la perte de popularité et de légitimité du gouvernement.

Lien (en anglais):

Popular resistance - Tenth of thousands demonstrators


Les pensionnés au régime en Espagne

Résumé et traduction:

Un article de Pùblico nous apprend que le gouvernement espagnol commence à discuter de la réduction des pensions des invalides, des malades avec les partenaires sociaux aujourd'hui.



La technique? Il s'agit de bons vieux d'index: une 'revalorisation' tous les cinq ans fait perdre un pouvoir d'achat considérable aux allocataires entre temps. Particularité locale, Franco était coutumier de la chose. Autre particularité franchement moins locale, celle-là, les entreprises qui économisent en cotisation sociales n'ont aucune contrepartie. C'est la crise mais pas pour tout le monde.

On commence à signaler des personnes âgées qui n'ont pas pris leur médicament, faute d'argent.

Un régime dans un pays prospère, industrialisé, dans une puissance agricole, qui sacrifie ses anciens, ses malades pour des raisons comptables perd toute légitimité morale. Et, comme le signalait Sun Tsu, le général qui perd l'ascendant moral sur ses troupes les emmène vers une défaite certaine.

Lien en espagnol:

Pùblico - La reforma de Rajoy



Friot à Là-bas si j'y suis

Le sociologue passait à l'émission de Daniel Mermet mardi dernier,
nous vous transmettons le lien

 





Là-Bas - Friot

Excellente émission de notre point de vue, pas de concession envers quelque employisme que ce soit, et, parmi de nombreuses choses intéressantes, le sociologue rappelle que la légende laquelle l'Europe manquerait de ressources, qu'elle devrait se serrer la ceinture et consentir des sacrifices (à quelles divinités?) est une fable criminelle.

Manifs demain en France - Harribey appelle

Je vous envoie une vidéo de Harribey qui appelle à manifester demain en France



Attac France - Appel aux retraites

Il y en a un peu plus, je vous le mets quand même (même si on peut déplorer un appel à l'emploi absolument malheureux du point de vue syndical):



puis, alors, si même les policiers s'y mettent!

Le Monde - Un syndicat policier appelle aux retraites

Luttes contre la 'réforme' des retraites en France

Nous faisons suivre la carte des mobilisations prévues dans le cadre de cette lutte vitale de notre point de vue.

Vitale car les retraites sont des salaires libérés de l'emploi, elles permettent une activité extraordinaire en terme de richesse humaine, sociale et économique, elles ouvrent des perspectives grandioses.





De notre point de vue, il faut généraliser les retraites à l'ensemble de la vie active, il faut qu'elles deviennent le mode d'organisation de la production. Au lieu de quoi, le gouvernement Hérault les rabote, les rapièce et ignore le formidable potentiel économique et humain qu'elles représentent.

Nous rappelons que les cotisations sociales ne coûtent pas aux travailleurs mais qu'elles diminuent les profits - ce dont il n'y a lieu que de se réjouir - nous renvoyons au site vitaminé du réseau salariat pour explorer toutes ces considérations et nous vous souhaitons un bon week-end.

appel:
Humanité - Appel aux retraites

carte: 
Humanité - Carte des mobilisations pour les retraites

Socialisation du salaire - réforme des retraites (France)

30 août 2013, 12:57
Le point de vue de Harribey, c'est un peu technique, un peu long mais le problème est bien posé: les tenants de la capitalisation des retraites tentent de nous angoisser alors que la retraite par répartition ne procède pas par accumulation mais par distribution.

L'enjeu, du point de vue de anti-emploi, c'est de défendre le salaire (y compris les retraites) contre les profits (la capitalisation). Cette forme de salaire permet l'activité, la création de valeur hors de l'emploi, hors du chantage odieux du chômage, etc.

Alternatives économique - Harribey, les retraites

Loin de la Profitation

8 août 2013, 10:25
État des lieux de la marge de l'emploi

Je vous envoie un petit inventaire à la Prévert de ce qui se fait – à ma connaissance – en dehors, en marge ou contre l'emploi. Cet inventaire suit les intéressants contacts que j'ai pu avoir dans le cadre de cette page. Ces initiatives correspondent à des tempéraments, des sensibilités ou des situations fort différentes.Toutes permettent néanmoins d'y voir un peu plus clair dans la nuit employiste mondiale. Tous les site cités ici nous sont proches, ce sont des amis, d'une façon ou d'une autre, différents et riches à leur façon. Certains se plaignent de leur situation, d'autres appellent à l'action, certains revendiquent, d'autres organisent une économie parallèle. Avant toute chose, il faut rappeler que, dans une société où tout se monnaie, vouloir vivre ou vivre sans emploi est une gageure, la vie sociale notamment est difficile à construire dans ces conditions.C'est précisément là que se situe l'enjeu pour nous :construire un au-delà de l'emploi qui soit sinon appétissant du moins habitable.

Voici un inventaire, donc, partiel et partial des marginaux de l'emploi :

- tout d'abord, la défense du salaire contre l'emploi. Le salaire social, les pensions,les congés payés ou le chômage, est un héritage historique bien vivant, efficace. Il permet à des millions de gens de vivre en dehors de l'emploi en leur délivrant un salaire. Cette démarche est remarquablement menée par un économiste comme Bernard Friot et le réseau-salariat

       voir: réseau salariat

- il y a ceux qui condamnent le travail en général (quitte parfois à le confondre avec l'emploi),

      tels Le Travail à tout prix),
      et J'arrête de travailler, je boycotte ce système jusqu'à sa disparition

- il ya ceux qui s'indignent du statut fait aux chômeurs, aux chômeuses(surtout) et qui réclament un statut politique du producteur unissant tous les salariés, celles et ceux sous contrat d'emploi et les autres (chômeurs, retraité, invalides).

     Je vous citerai le site de riposte: Riposte

il y ales artistes dont les activités s'inscrivent mal dans le cadre étriqué de l'emploi. Selon les pays, ils sont plus ou moins harcelés par les institutions et s'organisent plus ou moins efficacement contre elles. On notera que l'on pourrait penser l'artiste non comme une exception mais comme une règle : nous avons tous nos contingences, nos limites, nos obligations qui prennent nécessairement le pas sur les considérations mercantiles.

     On citera par exemple https://www.facebook.com/mobartec?fref=ts,site de qualité variable mais qui a le mérite d'exister.

- il y a ceux qui, à gauche, font un travail de recherche idéologique de remise en question des fondements politiques de cette société (là,la liste est vraiment très longue, je vous en cite deux, très différents.
     Tant qu'il y aura de l'argent: Tant qu'il y aura de l'argent
      Les Objecteurs de croissance: Les Objecteurs de croissance)

- il y a la démarche de ceux qui tendent à l'autonomie matérielle, à la décroissance, au partage. Citons, sur fb. Ils cherchent une alternative concrète.
     Comme Permaculture en ville
     ou devenir autonome.

- plus simplement,de nombreuses personnes s'indignent contre la pression des banques ou du système bancaire sur les salaires (à la baisse) et sur l'emploi.
    On citera le CADTM: CADTM
    ou Positive Money: Positive Money(en anglais), deux sites extrêmement dynamiques.

Par ailleurs, il faut mentionner le plus important : les millions de petits actes concrets, étrangers à toute construction militante qui vivent en marge de l'emploi.

Les gens dans ces différentes démarches partagent un sentiment diffus
- que les choses ne peuvent continuer en l'état, la crise dévaste des existences humaines et tout ce qui est mis en œuvre pour arranger les problèmes les envenime.
- que l'on travaille trop pour faire des choses nuisibles, que les conditions de travail et d'existence se dégradent.
- que la prospérité générale appauvrit un grand nombre
- qu'il faut penser le cadre dans lequel on supporte l'insupportable.

Mais, au delà de ces similitudes, il y a de grandes différences tactiques. Pour prendre quelques grandes lignes – et sans prétendre être complet– je dirais qu'il a
- celles et ceux qui pensent l'utopie, la conçoivent, la produisent, l'imaginent
leur force :ils construisent ce qu'ils veulent ; leur faiblesse : ils ne donnent pas corps à leur utopie, ils agissent dans le champ médiatique qui agit comme mouroir du sens.
- celles et ceux qui réclament le changement, qui tentent d'infléchir la politique
leur force :ils sont dans la proposition positive ; leur faiblesse :ils risquent de perdre leur énergie à demander, à adopter un ordre du jour venu d'ailleurs sans résultat concret, par ailleurs, comme le signalait l'un d'entre vous, ils risquent de s'enfermer dans une attitude victimaire, plaintive peu porteuse politiquement.
- celles et ceux qui, de leur côté, construisent leur chemin de petit bonhomme
leur force :ils ne demandent pas, ils font ; leur faiblesse : le changement ne concerne qu'eux, il n'est pas toujours à la portée de tous

Tous, nous risquons la marginalisation sociale du fait de porter, d'incarner ou de rêver un autre point de vue qui celui qui est donné comme majoritaire –et parmi nous, nous comptons aussi bien des gens sous emploi, des chômeurs en galère, des gens en burn-out, des gens qui veulent vivre en marge et des gens qui veulent agir au cœur de la cité. Nos forces : le point de vue majoritaire l'est dans les médias mais(presque) personne ne le partage, il est possible de révéler un point de vue majoritaire alternatif. À condition de se nourrir de notre diversité et non de s'en servir comme machine à produire des schismes, à conditions d'entrevoir les immenses potentiels humains que l'emploi dévoie, gaspille et asphyxie. Voilà ce à quoi je vous propose de nous employer ici.

Retraites et Ponzi

8 août 2013, 00:21

Nous tenons particulièrement aux retraites par répartition puisqu'elles sont un salaire, une reconnaissance de valeur produite HORS emploi. Elles prouvent qu'il est possible de dissocier le salaire et l'emploi, elles font vivre des millions de personnes depuis des décennies, des millions de personnes extrêmement profitables à l'économie productive. Alors bien sûr, les libéraux s'efforcent de casser une mécanique aussi efficace et révolutionnaire.

Je démonte le mythe libéral selon lequel les retraites par répartition sont une arnaque et ... en me servant du même article, je prouve que les retraites par capitalisation sont une arnaque. Bref, je retourne les mathématiques contre les thèses de l'auteur de l'article.

Comment - ici, je résume pour les mathophobes - en soulignant les erreurs de l'article: il n'y a pas de taux d'intérêt avec les retraites par répartition, pas de décalage dans le temps entre les cotisations et les versements (selon l'article, les retraites ont été perçues pendant un an avant que les cotisations ne commencent à être perçues: historiquement, c'est juste une aberration, on a inventé les cotisations EN MÊME TEMPS que les retraites, évidemment).

J'ai mis en annexe les références de ce malheureux article (du point de vue mathématique, s'entend) et les grandes lignes de mon propres développement mathématique (sur un dessin, plus facile à faire passer sur fb avec les formules).

référence de l'article:http://www.contrepoints.org/2012/12/21/108821-la-retraite-par-repartition-est-un-systeme-de-ponzi-la-preuve-mathematique



(1)
avec i qui est égal au taux d'intérêt corrigé de l'inflation

(2)

(3)
avec =prestations de retraite d'une année t

on a i=0 en retraite par répartition et i>0 pour les retraites par capitalisation.

Les retraites par capitalisation accumulent du bénéfice, des dividendes. La valeur du capital-retraite doit augmenter plus vite que l'inflation pour pouvoir rémunérer les retraites. Si le i est plus petit ou égal à zéro, les retraites par capitalisation ne paient pas leurs bénéficiaires une fois leur carrière finie, elles ne servent à rien (et on se demande ce qui forcerait les futurs retraités à cotiser pour une caisse qui va disparaître, diminuer ou stagner).

(4)

Avec C= cotisations à un temps donné et P= prestations de retraite à un temps donné.
Cette inéquation montre que les cotisations antérieures sont nécessairement inférieures au prestations actuelles. Si elles sont strictement inférieures, cela signifie que le système de retraite n'est pas tenable à long terme, que c'est une pyramide de Ponzi, une arnaque à long terme fondée sur la confiance.

Pour que cette inéquation reste une équation, pour que les cotisations antérieures soient égales aux prestation actuelles, il faut

- que , les cotisations d'un temps donné, soit indexé, qu'elles soient liées au PIB et aux prix

- que i=0, ce qui est le cas des retraites par répartition mais non par capitalisation

- par ailleurs, il n'y a pas de thésaurisation dans les retraites par répartition : ce sont les cotisations de l'année t qui paient les retraites de l'année t.

L'inéquation demeure une inéquation dans le cas des retraites par capitalisation mais devient une équation dans le cas de retraites par répartition. En considérant tout ce que nous avons dit, il reste de (4) pour les retraites à répartition :

(5)

si l'on additionne l'ensemble des prestations P et l'ensemble des cotisations C, il vient :

(6)

Dans le cas de retraites par répartition, i=0 et , l'inégalité reste donc une égalité sans que cela ne pose de problème. Les cotisations couvrent toujours parfaitement les prestations à conditions que les retraites demeurent liées à l'inflation.

Il vient à ce moment-là, pour les retraites par répartition.

(7)

Par contre, cette inégalité, quand i est positif et que le temps de la cotisation est décalé par rapport au temps de la prestation, quand il y a accumulation de capital sur des cotisations régulière à long terme, montre le problème de la capitalisation. À un moment donné, les cotisations deviennent infiniment plus petites que les prestations et ne peuvent plus les couvrir. Comme les retraités par capitalisation ont cru acheter un produit spéculatif qui augmenterait de valeur mais que l'augmentation de valeur n'a eu lieu qu'au bénéfice de quelques uns et au détriment de tous les autres, il s'agit bien d'une pyramide de Ponzi.