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Ovocytes congelés

Messages sponsorisés:

on me charge de vous dire que faire des enfants, c'est bien joli, mais il ne faudrait pas que ça gâche votre carrière, votre emploi.

on me charge de vous dire que les enfants, c'est encombrant, ça empêche d'obéir complètement à l'employeur (et de bénéficier peut-être de dérisoires augmentation)

on me charge de vous dire que si vous faites des enfants, vous risquez d'être lourdé(e)s

on me charge de vous dire que la vie est un coût, l'enfance un parasitage encombrant, la parentalité une obligation gênante

on me charge de vous dire que, travailleurs dans l'emploi ou hors emploi êtes des coûts et que l'actionnaire, le patron sont des "entrepreneurs" (mais on ne m'a pas dit s'ils pouvaient faire des enfants)

on me charge de vous dire qu'on n'a plus les moyens ni le temps de faire des enfants

Le dernier fermera la lumière, merci.

Source ici.

L'emploi expliqué aux enfants

- Quand tu joues, eh bien, c'est comme un travail.

- Quand tu travailles, c'est comme un jeu?

- Non, ce n'est pas tout à fait comme ça. Les enfants ne travaillent pas. Enfin, quand tu apprends des choses, quand tu découvres, quand tu joues, ce sont des façons de travailler. Mais, ce qu'on appelle travail, ce n'est pas que ça. Quand tu joues, tu peux te reposer ou changer de jeu, ou arrêter, ou reprendre ton jeu quand tu en as envie.


- Quand tu travailles, tu ne peux pas t'arrêter quand tu es fatigué? Quand tu t'arrêtes alors?

- Eh bien, on ne peut pas s'arrêter quand on veut. Il faut avoir des horaires - comme à l'école, si tu veux - mais, parfois, c'est aussi des choses qu'il faut faire. Il faut travailler jusqu'à ce qu'elles soient faites, même si on est fatigué, même s'il est tard


- Même si tes enfants t'attendent ...

- Oui, même si tes enfants t'attendent. Ils n'ont rien à dire, en fait. Tu travailles de la même façon si tu as des enfants, des activités ailleurs, si tu es amoureux ou si tu veux faire autre chose. Tu dois quand même travailler.

- Ça n'a pas l'air gai ton travail. Mais qui décide?

C'est le patron qui décide ce qu'on doit faire, quand on doit le faire, comment on doit le faire, c'est lui qui va faire les horaires ou définir ce qu'on doit faire avant de pouvoir rentrer chez soi.

- Pourquoi c'est lui qui décide? Pourquoi c'est lui le chef? Il est plus malin que les autres?

- Non, ni plus malin, ni plus qualifié, ni plus doué, ni plus expérimenté, ni plus compétent, ni plus motivé. Il décide parce que l'entreprise lui appartient. Il est propriétaire comme on dit.


- Pourquoi il est propriétaire, comment on devient propriétaire?

- On est propriétaire parce qu'on est riche, parce qu'on a de l'argent. Cet argent vient du fait ... qu'on est propriétaire. Les propriétaires peuvent vendre ce que font les gens et gagner de l'argent comme ça. Comme les propriétaires gagnent plein d'argent en vendant ce que font les travailleurs, ils peuvent acheter d'autres entreprises et devenir propriétaires d'autres entreprises.


- Mais alors, les propriétaires achètent toutes les entreprises et décident ce que tout le monde fait, et comment. C'est bien ça.

- Oui, c'est le travail en emploi. C'est pour ça qu'on ne décide pas ce qu'on fait, comment on le fait et pour quoi on le fait. On obéit à un employeur. L'employeur devient plus riche et devient de plus en plus employeur alors que l'employé ne gagne que ce qu'il lui faut et qu'il ne peut pas décider de ce qu'il fait.


- Mais je croyais que les adultes pouvaient faire ce qu'ils voulaient ...

- Pour certaines choses, c'est vrai. On peut faire du travail libre, sans employeur, sans devoir enrichir quelqu'un pour qu'il devienne encore plus employeur. Quand on joue ou quand je réponds à tes questions, je travaille mais je n'enrichis personne et personne ne me dit ce que je dois faire.


- Mais pourquoi on est obligés d'aller travailler pour un employeur si c'est dur et que le travail sans employeur est gai?

- Parce qu'on est obligés. Si on ne va pas travailler pour un employeur, on n'a plus d'argent. Sans argent, on devrait vivre dans une caravane en mangeant des pâtes ...


- C'est génial! Une caravane, à manger des pâtes ...

- Non, ce n'est pas génial. Ce n'est pas génial parce qu'on ne peut plus rencontrer de gens, coincés dans notre caravane, ce n'est pas génial, parce que, à l'école, tu te retrouverais avec des haillons, parce que nous ne pourrions pas nous chauffer, parce qu'on ne pourrait pas voyager, qu'on ne pourrait pas recevoir des amis.


- Pour éviter les pâtes, on est donc obligés de faire du travail ennuyeux pour un employeur.

- C'est exactement ça. Mais ton grand-père ne doit plus se vendre à un employeur pour gagner de l'argent. Il travaille pourtant, fait beaucoup de choses.


- Mais pourquoi on ne prend pas les entreprises pour nous, pour pouvoir décider ce qu'on fait et comment on fait?

- Certains voudraient le faire - je voudrais le faire. Des syndicats, des partis politiques expliquent que ce n'est pas possible. En fait, c'est possible si on croit que c'est possible. Non, en fait, c'est possible. Des gens travaillent déjà en décidant ce qu'ils font, comment ils le font. Les retraités, les chômeurs, certains fonctionnaires. Mais la plupart des gens n'ont pas la chance de travailler comme ça.


- Mais qu'est-ce qui fait qu'ils acceptent ça?

- Oui, c'est curieux. Cette façon de travailler transforme la terre en poubelle, le travailleur en malade, l'enfant en orphelin en institutions, l'école en apprentissage de l'obéissance, de l'obéissance à l'employeur.


- Pourquoi les gens sont méchants?

- Ils ne sont pas méchants. Ils ont peur. Ils savent ce qu'ils ont et ils ont peur d'avoir moins si on fait le travail autrement. Alors, comme ils ont peur, ils essayent de gagner un peu plus en continuant à obéir.


- Pourquoi les enfants ne doivent pas travailler pour un patron?

- Parce qu'on sait que c'est dangereux pour eux. Il a fallu se battre pour les libérer de l'emploi. Aujourd'hui, on sait que c'est aussi dangereux pour les adultes - c'est pour ça qu'il faut se battre pour ne plus devoir travailler pour un employeur. Puis pour que l'école ne serve pas à apprendre à obéir à un patron mais à découvrir des choses ensemble.

Les enfants de la Belle Époque

Le site de laciudadelosmineros partage des photos d'enfants de la mine du début du XXe siècle avec des commentaires en espagnol (ici).

Voici certaines de ces magnifiques photos avec des commentaires traduits.

En mémoire de ces enfances volées, en mémoire de nos soeurs et de nos frères qui, aujourd'hui encore, subissent cette violence, en mémoire de nos camarades martyrisés par l'emploi, par la faim, par la peur, par la souffrance physique. En mémoire de ces corps broyés, de ces yeux éteints. Nous ne pardonnons pas, nous n'oublions pas.




Adolescentes mineurs aux États-Unis en 1906-08. Ces enfants présentent des signes précoces d'âge.


En 1912, ces enfants nettoient les mollusques pêchés en mer en Caroline du Sud (États-Unis).



Un petit ramoneur anglais (le travail des enfants de moins de 9 ans en usine a été interdit en ... 1933 en Angleterre).







Des souffleurs de verre en Angleterre, toujours, au tournant du siècle.






Au milieu d'adultes en Virginie (USA), 1909




Sans pain ni toit, New-York, 1890


Des enfants mineurs dans le Chili du tournant du siècle.

Des mineurs dans les champs de tabac


  Aux États-Unis, 400.000 enfants travaillent dans les champs des fermes familiales pour aider leurs familles sous pression des dettes et de la concurrence des industries. La plupart de ces familles survivent sous le seuil de pauvreté. Les enfants peuvent travailler dès 10 ans (références: Allegra Kirkland, The Nation, ici).

Rassurons-nous en rappelant que, alors que ces petites mains s'empoisonnent aux pesticides ou à la nicotine, elles ne peuvent acheter des cigarettes à l'épicerie du coin.

Mineures à vendre en Syrie

Nous apprenons consternés par un article de Telesur que des jeunes Syriennes sont vendues à de riches saoudiens pour être mariées.

Mise en perspective

Malheureusement, ces pratiques ont tout à voir avec l'esclavage de l'emploi. Elles poussent la logique de l'achat du temps et de la liberté humaine jusqu'à son paroxysme.

C'est le rapport à l'argent qui constitue une capitalisation de valeur produite par le travail vivant qui devient fétiche et construit l'illusion de la naturalité d'une domination de l'homme par l'homme. L'argent est le vecteur qui naturalise la domination et, en tant que tel, il constitue une religion cruelle, dangereuse, extrémiste et fanatique.

Rappelons que l'islam condamne les pratiques mercantiles, rappelons que Mahomet avait déjà dû chasser les boutiquiers assoiffés d'argent de sa ville (et que, à ce qu'on m'en a dit, il devrait recommencer aujourd'hui).

Nous considérons ces pauvres enfants vendues par misère comme nos sœurs, les avanies qu'ont leur fait subir au nom de la misère nous sont insupportables. Nous soulignons la douleur des familles contraintes, sous 'l'aiguillon de la nécessité' à vendre leurs filles.

Traduction et résumé de l'article

En Arabie Saoudite, à Riyad, on a publié une offre de vente de gamines syrienne pour quelques 7.500 €. Il s'agit d'un abus de faiblesse manifeste de la misère des réfugiées syriennes. C'est le nom de Majed qui est apparu dans les médias il y a quelques mois, une femme active dans les camps de réfugiés syriens qui prétend être agent matrimonial mais qui, en fait, vend des gamines syriennes aux riches au prix le plus élevé qu'ils offrent. Pour beaucoup de familles qui vivent dans des camps de réfugiés de Jordanie, la vente de leur fille est la seule façon de survivre.

 Elle parle d'un homme de 70 ans qui souhaite se marier avec une gamine de 13 ans. La demande de jeunes syrienne est très élevées [ah, la main invisible du marché!] et les conditions de vie empirent pour les 1,9 millions de réfugiés syriens installés dans des pays voisins.

Disney ou l'apparence d'un monde d'enfants

Cet article explique les contradictions entre l'image lissée, 'famille comprise', gentillette de la multinationale du loisir américaine.


Si côté face, on voit une architecture outrancière au goût douteux, des infrastructures pour enfants-rois et des équipements pour ainsi dire infaillibles, côté pile, on peut admirer le recours à des sous-traitants dans le tiers-monde. Les conditions de travail des petites mains qui fabriquent les objets-souvenirs et autres matériaux utiles aux centres de loisirs sont épouvantables. Elles peuvent oeuvrer jusqu'à 15 heures par jour. On a régulièrement affaire à des mineurs - comme en Chine, par exemple.

La duplicité de la machine-Disney est impressionnante de cynisme. Le monde enchanteur, pacifié où rien ne se passe n'est qu'une façade de carton pâte, un barbelé de plus qui corsète des existences à l'instar de n'importe quel marchand de vêtement, à l'instar de n'importe quel marchand de canon.

Des ouvrières de ... douze ans

Info express, glanée sur la toile.




On a retrouvé des ouvrières de ... douze ans qui fabriquaient des jeans de marque Old Navy au Bangladesh. Cette marque appartient à Gap inc.

la vidéo en anglais
Vidéo de Democracy Now, en anglais, avec transcription


Inutile de dire que nous sommes déjà particulièrement préoccupés par l'emploi et sa nature productiviste déshumanisante chez les adultes, alors, a fortiori, chez les enfants! Nous appelons au jeu, au droit de vivre, au droit à l'innocence et à l'improductivité. Nous dénonçons la logique du gain comme contre-productive, comme criminelle. La bête de l'appât du gain qui mange le temps humain n'a aucune limite, ni nuit, ni dimanche, ni enfant, ni vieillesse, ni maladie.

Au bout du compte, la question lancinante, c'est pour quoi?
Deuxième question non moins lancinante, faudra-t-il que l'Europe, les États-Unis et autre Japon se mettent au diapason pour être concurrentiels?


Amitié et soutien chagrin à ces camarades trop jeunes pour ne pas être libres.

Ce qu'ils font à l'une d'entre nous, c'est à chacun d'entre nous qu'ils le font.