Affichage des articles dont le libellé est PS. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est PS. Afficher tous les articles

Rencontres

Cet article est disponible en PDF ici
  • Rencontres

À l'occasion de la manifestation syndicale contre les mesures gouvernementales en Belgique, il m'est arrivé de faire quelques rencontres qui, à leur manière, racontent aussi bien la journée que les enjeux de cette histoire.

1. Sur le chemin de la gare, j'ai rencontré une mère de famille qui vient d'apprendre que ses prestations de chômage vont lui être supprimées. C'est le gouvernement précédent qui a pris cette mesure, un gouvernement censé être de gauche, un gouvernement dirigé par Elio Di Rupo, un premier ministre qui appartient au parti socialiste.

La détresse de cette femme est visible, elle ne sait pas comment elle va nourrir ses enfants: son état de santé lui interdit même le recours au travail au noir.

La fin des prestations de chômage votée et décidée par le gouvernement Di Rupo (PS) signifie pour elle et pour des dizaines de milliers comme elle la misère, la galère. Pour la société, l'ensemble de ces mères célibataires va poser un problème: que deviendront leurs enfants, comment vont-ils être élevés et, accessoirement, comment acquerront-ils une qualification qui en fera des producteurs économique utiles à l'économie de notre société? Cette mesure de guerre au salaire, imbécile, cruelle et contre-productive coûte un maximum à la société sur le long terme et elle réduit la production de valeur économique, de salaire, de qualification, de prospérité générale. 

Le parti socialiste belge (mais je crois que les amis français ou grecs pourraient en dire autant) a opté pour un ensemble de mesures ultra-employistes, agressives envers les salariés. On connaît le résultat: crise économique, déflation salariale et misère à grande échelle.

Pourtant ce parti socialiste prétend aujourd'hui s'opposer au gouvernement Suicidois, contre l'austérité et les mesures anti-sociales. Rassurez-vous, les PS présents dans la manif ne faisaient pas allusion à la guerre au salaire décidée et menée par leur parti au sein d'une curieuse coalition.
2. Dans la manifestation, une femme seule marche avec son déambulateur. Elle arbore deux drapeaux belges frappés du blason royal. Renseignements pris en laissant traîner mon oreille, derrière ces drapeaux, cette invalide se bat pour la sécurité sociale, pour ce qui lui permet de vivre, pour sa dignité de productrice.

Le gouvernement suicidois menace de scinder la sécurité sociale - ce qui menace la sécurité d'existence de cette Flamande fière de ses drapeaux. Elle parle aussi des mesures d'activation des invalides. Elle s'inquiète. Il se dit que les chômeurs à 33% seront activés (merci le gouvernement précédent) voire à 66%. Et nous nous inquiétons avec elle. Cette productrice, créatrice de valeur de plein droit risque l'exclusion économique, la misère - elle aussi.
3. Une surprise en se dirigeant vers le café pour éviter l'hypothermie: De Coninck, l'ancienne ministre de l'emploi elle-même, c'est elle qui a organisé l'exclusion de dizaines de milliers de chômeurs du salaire, des prestations de chômage.

Une curieuse présence quand on sait qu'elle n'a rien fait pour contrecarrer la baisse des cotisations sociales, baisse qui aujourd'hui justifie toute la barbarie des mesures promises par la majorité minoritaire (24% d'électeurs en Wallonie, tout de même). On peut regretter que la première rencontre n'ait pu en discuter avec la troisième de sa situation.

4. Devant un bâtiment officiel, nous commençons à papoter avec le gardien. Il nous raconte dans un français savoureux, presque parfait. Les horaires coupés, son dégoût de la politique politicienne après en avoir vu les pratiques, sa rage de payer des impôts pour financer un travail qu'il désapprouve, sa rage de devoir obéir, de devoir protéger des puissants.

  • Perspectives

Des complicités se redéfinissent. Les instants se partagent. Çà et là des colères, çà et là, des drapeaux d'un PS de plus en plus incongru. Puis le plaisir de voir un pays qu'on dit fini uni non autour d'une oiseuse identité collective mais pour la défense du salaire, pour la défense d'un modèle social, pour la défense de la vie ensemble, du droit au repos.

Il nous reste à souhaiter à ce pays comme à tous les autres, une bagarre non pour des emplois mais pour l'émancipation du travail de l'employeur. Nous n'avons pas besoin d'employeur pour produire.

  • Syndicats
Bien des revendications ... rien sur les chômeurs

Ce sont les syndicats qui organisaient la manifestation en front commun. Nous  nous permettons de souligner que les syndicats sont des employeurs aussi. Ce sont des structures plus ou moins baroques qui embauchent (et débauchent) des gens, des employés. En tant que telles, les syndicats ne peuvent pas être démocratiques, ils ne peuvent pas représenter les travailleurs. Quand un mandataire syndical dans une instance quelconque prétend parler au nom des travailleurs, il est sous la coupe de son employeur - c'est le syndicat qui lui envoie ses chèques tous les mois - et doit lui obéir. Mais les dirigeants syndicaux sont des patrons, abondamment payés et, surtout, proches de leurs amis les patrons, les dirigeants politiques et les chefs d'entreprises.

Ce problème est d'autant plus grave que les organes de concertation paritaires s'occupent des salaires, socialisés ou non, des travailleurs en emploi et libérés de l'emploi (les prestations chômage, la sécurité sociale) dans un cadre où se réunissent pour parler de nos salaires

- des représentants des dirigeants syndicaux qui sont des employeurs
- des représentants des chefs d'entreprise qui sont des employeurs
- des représentants des politiques qui sont des employeurs.

Bien des revendications ... rien sur les chômeurs
Pour parler de nos salaires, on ne trouve donc que des employeurs - ce qui explique pourquoi nous ne votons jamais pour des partis qui déclarent officiellement la guerre au salaire alors que nous nous retrouvons toujours avec des programmes de guerre au salaire.

Il serait peut-être temps que les salariés (dans l'emploi ou hors emploi) récupèrent la maîtrise de ce qui est à eux:

- le montant des cotisations sociales
- les éventuelles exemptions de cotisation sociale
- la gestion des prestations sociales.

Après tout, quand Elio DiRupo, Charles Michel, quand Mital ou Bouygue touchent de l'argent, personne n'a son mot à dire sur la façon dont ils les utilisent. Pourquoi n'est-ce pas le cas pour les salariés, pour la sécurité sociale?

  • Slogans pour manif nord-midi (Bastille-Nation)
Ne dites pas:
Réduction du temps de travail
Mais dites:
Travail sans employeur - sans actionnaire.
Je n'ai pas besoin de gaver un actionnaire pour travailler.


Ne dites pas:
La retraite à 60 ans
Mais dites:
Le travail libre, dès 18 ans

Ne dites pas:
Des emplois pour tous
Dites:
Du salaire pour tous
On récupère ce qui est à nous, les salaires, les usines et les bénéfs.
On décide ce qu'on fait, comment on le fait et pourquoi on le fait

Ne dites pas:
PS
Dites:
Que se vayan todos.

Je te paie un pot?


Au rayon chiffres à rappeler: les cadeaux fiscaux aux plus grosses entreprises (au détriment de leurs concurrents plus petits, électeurs MR, et du contribuable) se sont élevés à 13 milliards d'€.

Deux fois le budget du chômage (prépension, plan d'activation et chômage-intempérie inclus) et 90 fois les économies escomptées par le plan d'exclusion de chômeurs (l'article 63§2). Si les chômeurs sont chers, les gros actionnaires sont deux fois plus chers.

Au rayon des réalités économiques à rappeler: le budget chômage est dépensé par les salariés au chômage alors que les profits des grosses entreprises gonflent l'accumulation, inutile et dangereuse, ils concentrent la richesse et sabotent la machine économique.

Au rayon philosophie économique: les salaires des chômeurs créent de la valeur économique alors que la rente des profits des grosses entreprise parasite cette création de valeur ajoutée.

Questions:
- pourquoi l'ancien gouvernement a gavé les actionnaires-parasites?
- pourquoi le nouveau gouvernement qui prétend faire des économies continue?
- pourquoi les intérêts des travailleurs au chômage ou affligés d'un emploi ne sont pas représentés politiquement alors qu'ils constituent la majorité de la population?

Contrôle des chômeurs en France

On m'envoie ceci.

S'ils étaient libéraux et qu'ils constataient que les chômeurs ne voulaient pas chercher de l'emploi, ils devraient augmenter l'attractivité de l'emploi. Ils ne sont donc pas libéraux, ils sont totalitaires.

Ils ne s'agit pas de contrôler la motivation au travail - réelle et très efficace chez les chômeurs comme chez les autres - mais la motivation à l'emploi, à la vente de la force de travail à des propriétaires lucratifs. Les propriétaires lucratifs achètent la force de travail pour faire du profit. Pour cela, ils pillent les ressources naturelles, dégradent la santé mentale et physique de population entière et transforment la joie de l'acte, du faire ensemble, le désir et la puissance de l'être humain libre.

C'est cela qu'ils veulent contrôler. Ils veulent s'assurer que des formes de vie alternatives, des manières de créer de la richesse hors emploi puissent être les moins praticables possibles. Ce qu'ils contrôlent, c'est notre liberté; ce qu'ils corsètent, c'est notre puissance; ce qu'ils sabrent, c'est notre désir.

Mais le cœur de la vie traversera cette passe, le rythme du pas ira toujours plus loin que l'agitation du chiffre. Contrôles ou pas, nous avons cessé de croire dans leur "racontabilité", dans leurs tristes fadaises de comptes pas drôles, nous avons entrevu une lumière que nous ne pourrons plus éteindre. Après avoir appris à marcher, à nager, à courir, il ne nous sera plus possible de ramper.

http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20140902trib000846927/francois-rebsamen-veut-sanctionner-les-chomeurs-demotives.html

 Pour la fine bouche, Le Point rappelle le programme de Sarkozy: contrôler les chômeur et Le Monde Diplomatique fait les comptes, calculatrice en main, des montants de toutes les fraudes.

Vote Ponce Pilate contre le salaire



Sans prendre parti dans les élections à venir, ce vote est l'occasion pour nous d'appeler nos lecteurs à interpeller leurs élus pour défendre le salaire - quand sa suppression est prétendument 'technique'.

Le vote incriminé est celui qui donne les coudées franches au gouvernement pour réformer l'assurance chômage (c'est normalement le parlement qui a ce pouvoir) et appliquer le détestable article 63§2 qui envoie des chômeurs salariés, des travailleurs hors emploi qui réalisent la valeur de leurs allocations de chômage (voir ici), dans le détestable filet de la charité publique.

Cette mesure va bien sûr coûter au contribuable qui finance les CPAS, c'est-à-dire essentiellement aux classes moyennes, aux travailleurs (sous emploi ou non) qui ne peuvent frauder ou éluder l'impôt.

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140226_00440208

Bruxelles s'attaque au statut des travailleurs détachés


"Le nombre de travailleurs détachés au sein de l'UE atteindrait 1,5 million aujourd'hui. Rien qu'en France, jusqu'à 350.000 personnes seraient concernées, et seulement une partie d'entre elles sont déclarées : 170.000 en 2012 et 210.000 en 2013 (+23%), selon des chiffres du ministère français du Travail.

D'après une directive datant de 1996, une entreprise peut "détacher" des salariés dans un autre pays de l'UE pendant deux ans maximum, à condition d'appliquer certaines règles du pays d'accueil (salaires, conditions de travail) tout en versant les cotisations sociales dans le pays d'origine."

Concrètement, le recours au détachement supprime de facto les salaires sociaux (chômage, santé, retraite). C'est un dumping, une perte de salaire social et une pratique à condamner en soi, non dans ses 'abus' comme le fait le ministre français.

Le 'gain' franco-allemand dont Sapin se félicite, ce n'est pas l'abolition de ces pratiques de concurrence esclavagistes, c'est le renforcement des contrôles contre les 'abus' au sein de ces pratiques.

(Nouvel Obs)


Accompagnement des chômeuses en Belgique

Depuis la constitution du nouveau gouvernement belge, les règles de fonctionnement du chômage ont changé. Les allocations d'attente - celles que recevaient les chômeurs et les chômeuses n'ayant pas suffisamment travaillé - sont devenues des allocations d'insertion et sont limitées dans le temps.

J'ai entendu parler d'un cas concret dont je vous fais part pour mesurer la portée de ces mesures vexatoires. Une femme mariée quelques années percevait des allocations d'attente (allocations de chômage pour les producteurs qui n'ont pas suffisamment travaillé dans l'emploi), puis, grâce au gouvernement Di Rupo (PS), cette femme a ensuite reçu des allocations d'insertion qui, toujours grâce à ce gouvernement, vont lui être coupées dans un mois ou deux.




Le hic, c'est que cette femme s'est séparée de son conjoint et n'aura donc plus de ressources dans peu de temps alors que, avant que ce gouvernement ne réforme les règles d'obtention des allocations de chômage, elle aurait pu les conserver. Pour conserver des ressources, elle aurait dû demeurer avec son conjoint qu'elle n'aimait plus.

Ce cas dramatique illustre le fait que la sécurité sociale permet une liberté familiale ou, pour le dire autrement, la casse de la sécurité sociale, du salaire social, sonne un retour de l'ordre moral, sonne un recul sur la question de l'égalité homme-femme: une famille unie à travers tout dans laquelle la femme doit rester dans le giron marital faute de quoi elle sombre dans la misère.

Il faut en tout premier lieu individualiser les droits au salaire, les généraliser et les rendre inconditionnels, sinon, le conjoint sans travail sera toujours mis à la merci du conjoint avec un salaire.

La socialisation du salaire ouvre des portes, permet de vivre la liberté autrement que dans des discours creux, ronflants, elle peut permettre à une égalité de fait entre les hommes et les femmes.

Raison de plus pour en mesurer l'intérêt et pour la défendre. N'hésitez pas à faire suivre le message à votre antenne PS - SPa locale et sa section femmes-féministe.

Programme du PS en 2012, curieusement, on lit 'égalité homme-femme'


N'oubliez pas,

Ce qu'ils font à l'une d'entre nous, ils le font à chacun d'entre nous.