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Proposition de propositions

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Dans l'atmosphère de foire électorale en France, nous nous proposons de mettre notre grain de sel.

Bien sûr, l'abolition de l'emploi, de l'investisseur et de la propriété lucrative sont nos objectifs mais, si l'on prend le tout brut de décoffrage, cela peut paraître impossible au personnel politique. Nous avons donc dégagé des pistes, des propositions pour desserrer l'étau de l'emploi et de la dette, des embryons de commencement de début de quelque chose. Ces pistes ne constituent pas un horizon pour une démarche anti-employiste mais une simple possibilité d'avancer déjà un peu, de manière pragmatique, consensuelle. Elles sont un brouillon, une source de réflexion, un état de travail.

1. Abaisser l'âge de la retraite en augmentant les cotisations sociales à proportion (cinquante ans pour la retraite, ce serait déjà pas mal pour une augmentation des cotisations assez modérée à dix pour cent à peu près)

2. Socialiser une partie des salaires. Une partie du salaire pourrait être versée dans un pot commun - une nouvelle caisse de la sécu - et serait ensuite redistribuée à l'ensemble des salariés, avec emploi ou non. À titre d'exemple, on pourrait imaginer une cotisation de quarante pourcents supplémentaire qui diminue le salaire poche de trente pourcents et garantit, du coup, ce salaire poche à l'ensemble des salariés. L'augmentation de masse salariale pour l'employeur: dix pourcents.

3. Démocratiser la sécu. Les caisses de sécurité sociale doivent être gérées par les salariés. L'ensemble des salariés pourrait élire ses représentants auprès de ces caisses par voie directe. Les mandats seraient révocables. L'ensemble des salariés seraient appelé à désigner les gestionnaires de la sécu: les salariés en emploi, les retraités, les chômeurs, les précaires, les temps partiels, etc.

4. Créer une cotisation investissement de cinq pourcents du chiffre d'affaire et, avec cette cotisation, financer la recherche et le développement de pointe. Cette cotisation peut être amenée à augmenter progressivement et donne droit à l'accès libre au résultat de la recherche. Les chercheurs jouissent d'un statut de fonctionnaire. Les secteurs prioritaires (mais on peut en discuter) sont la recherche médicale, la transition énergétique, la chimie, l'agriculture sans pétrole, etc.

L'ensemble des cotisations supplémentaires et la socialisation partielle des salaires représenteraient à peu près un cinquième de la masse salariale des entreprises. Les cotisations investissement se substitueraient à des dépenses que les entreprises doivent de toute façon faire. La répercussion sur les prix d'une augmentation de vingt pourcents de la masse salariale est de l'ordre de trois pourcents dans l'immédiat et quinze pourcents à terme. Une augmentation des prix qui relancerait (insuffisamment) l'inflation.

5. Créer un salaire paysan et un salaire journaliste à la personne. Les paysans et les journalistes seraient salariés selon leur qualification en percevant une cotisation sur les prix de la presse, des nouvelles technologies de l'information et des aliments. Le salaire paysan permettrait la transition énergétique alimentaire et le salaire journaliste permettrait de garantir l'indépendance des journalistes vis-à-vis de leur employeur.

6. Étendre les prestations de la sécurité sociale à l'ensemble des travailleurs - indépendants et petits patrons aussi, donc - et harmoniser les taux de cotisation.

7. Pratiquer le protectionnisme amical (voir ici).

8. Résorber la dette. Pour diminuer une dette, il existe en économie trois remèdes simples (au choix)
- faire défaut: vu le niveau des dettes souveraines, le moindre défaut ferait exploser l'ensemble du système financier. Cette menace peut peser lors de négociations.
- faire tourner la planche à billets pour payer la dette
- faire jouer l'inflation
 9. Adopter le droit aux prestations de chômage inconditionnelles à vie.

10. Démocratiser l'entreprise en favorisant les reprises par les salariés en cas de fermeture, leur implication dans les choix industriels et commerciaux majeurs et leur contrôle du respect du droit du travail.

11. Encadrer la propriété lucrative en limitant les décisions des actionnaires, en ne reconnaissant pas de droit à la décision d'actionnaires éphémères, en limitant les rémunérations actionnariales. Il faut par ailleurs rendre les investissements et les salaires prioritaires sur les dividendes.

12. Interdire le dumping social et les délocalisations sous peine de saisie de l'outil de travail par les pouvoirs publics.

13. Favoriser la propriété d'usage des collectifs de travail. Si des actionnaires ferment un outil de production, le collectif de production doit en être propriétaire - et cela inclut la marque et les patentes - de droit.

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Photo : Cherche professeur d'économie pour expliquer aux gouvernements et aux syndicats que les salaires et les gens ne sont pas des coûts.

Cherche économiste pour expliquer que les salaires créent la valeur économiques

Cherche économiste pour expliquer que l'économie est faite pour des gens vivants et non l'inverse.

Cherche politique pour investir dans les gens, dans la vie, pour construire une économie pour les vivants.

Cherche politique pour le travail et contre l'emploi, pour l'activité libre et non pour la servilité contrainte à l'esprit de lucre.

Cherche peuple et pays, cherche humanité pour vivre cela.

Les enfants ne sont pas des coûts, les malades ne sont pas des coûts, les soignants ne sont pas des coûts, la poste et les trains ne sont pas des coûts, les prestations sociales ne sont pas des coûts,

les salaires ne sont pas des coûts mais ils sont à la base de l'économie et, quand on diminue les salaires, on contracte l'économie

Pas sérieux, financier à gage s'abstenir,
répondre directement aux intéressésCherche professeur d'économie pour expliquer aux gouvernements et aux syndicats que les salaires et les gens ne sont pas des coûts.

Cherche économiste pour expliquer que les salaires créent la valeur économiques

Cherche économiste pour expliquer que l'économie est faite pour des gens vivants et non l'inverse.

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Pas sérieux, financier à gage s'abstenir,
répondre directement aux intéressés

Lettre aux électeurs PTB (NPA, LO, LCR, Vega ...)

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Chers concitoyens électeurs du PTB (de la LO, de la LCR, de la NPA, de Vega),


Vous rêvez d'un monde meilleur. Un monde où tout le monde aurait sa place, où les services publics seraient de très bonne qualité, où les plus pauvres jouiraient de tous leurs droits, où l'État redistribuerait les ressources, un monde où l'écologie ne serait plus un vœu pieux ou un argument publicitaire ...
Nous partageons votre aspiration à la justice, à un monde où tout le monde serait bienvenu, où l'humain serait au centre des préoccupations.

Cette aspiration à la justice, à l'égalité voire à la fraternité fait de vous une des forces les plus précieuses, les plus prometteuses de notre société. Vous faites partie de l'énergie qui emmène le corps social vers des jours meilleurs, loin de la barbarie.

Comme nous, vous avez parfois lu des économistes critiques, certains d'entre vous ont même lu Marx ou Luxemburg.

Vous participez à des luttes, à des actions politiques, à des rencontres qui vous remplissent de bonheur. Elles se terminent toujours trop tôt et ... vous retournez à une vie dont la grisaille peut vous peser à l'occasion.

Ce que nous avons à vous dire - et nous le faisons avec tout le respect que votre engagement force, avec toute la proximité entre vos idéaux et les nôtres - c'est qu'il est possible que le quotidien soit aussi vibrant que les fêtes ou les actions politiques qui ponctuent votre parcours, qu'il est possible que la liberté et l'égalité aillent de pair.
Marx pensait que le travail sous le capitalisme - ce que aujourd'hui on nomme l'emploi - était une aliénation, une abjection. Il avait démontré - et avec quel talent, avec quelle fougue - que le travail capitaliste ne servait que les intérêts des propriétaires, qu'il minait les enfants, qu'il détruisait la santé de peuples entiers et qu'il dégradait les conditions de vie.
L'innovation amène périodiquement une augmentation de la productivité. Cette augmentation qui pourrait être libératoire pour les producteurs les rend - nous rend - au contraire encore plus pauvres parce qu'ils s'opposent les uns contre les autres par le truchement de la concurrence.

La technique n'a jamais émancipé le prolétariat, l'ensemble de celles et ceux qui doivent vendre leur force de travail pour subsister.

Par contre, une autre pratique de la valeur peut libérer du joug capitaliste. Il est possible - et la chose existe - de travailler librement, de prendre ensemble les décisions de producteurs et de libérer le temps du travail de l'emprise de la plus-value, de la productivité. Comment? Tant que le salaire demeure dans les mains du propriétaire lucratif, tant que la qualification est liée à un poste, c'est le propriétaire, le bourgeois, qui décide qui produit de la valeur, combien il attribue aux producteurs, ce qui sera produit, comment, par quel mode d'organisation et avec quel encadrement simplement parce qu'il est propriétaire lucratif, parce que son titre de propriété lui donne le droit de s'accaparer le fruit de notre travail, le fruit concret - ce que nous faisons - mais aussi les richesses abstraites, économiques que nos salaires produisent.

Mais vous savez - nous savons - que cette propriété, sa richesse, les propriétaires la tiennent de notre travail à nous, producteurs. N'opposons pas une propriété lucrative privée à une propriété lucrative d'État, nous n'aurions que changé les uniformes de ceux qui nous maintiennent étrangers à notre vie, opposons plutôt la propriété d'usage à la propriété lucrative, la qualification des personnes à la qualification des postes. Libérons le travail, libérons-nous des investisseurs dont nous n'avons nul besoin.

Vous voulez taxer les investisseurs?
Je vous propose de récupérer ce qui est à nous, producteurs, je vous propose un salaire sans lien avec l'emploi - comme celui que touchent les chômeurs, les vacanciers ou les retraités.
Vous voulez taxer les profits?
Je vous propose de socialiser les moyens de production non en remplaçant les patrons privés par des patrons publics mais en remplaçant la propriété lucrative des actionnaires par la propriété d'usage des travailleurs.

Cessons de réclamer les chaînes de l'emploi, cessons surtout de réclamer des chaînes de l'emploi un peu plus longues, un peu moins serrées. Reprenons nos usines, nos bureaux, nos trains, nos écoles, nos entreprises. Nous savons que l'argent ne crée rien et que ce sont les travailleurs qui créent. Nous, travailleurs, nous créons la valeur économique par nos salaires - en étant parasités par la rente du capital - nous, travailleurs, nous créons la richesse par notre travail concret.

En définissant le travailleur de la sorte, nous retrouvons le prolétariat cher à Marx, un prolétariat qui intègre de plein droit les chômeurs, les précaires, les fonctionnaires, les retraités, les vacanciers, les marginaux ... Ce prolétariat redéfini de la sorte ouvre des perspectives politiques susceptibles d'incarner aussi bien vos idéaux, votre envie d'intégration sociale, de faire société que la justice la plus élémentaire ou l'envie de révolution, de changement radical.
Ne demandez jamais d'emploi au nom de Marx: l'exploitation de l'homme par l'homme lui répugnait profondément. Prenez plutôt les clés de l'usine.

Ne regardez jamais les chômeurs ou les retraités comme des coûts au nom de Marx: voyez plutôt ces producteurs créer de la valeur économique sans employeur, voyez-les comme une promesse de société possible, de société de la propriété d'usage, de la dignité du travail concret, de la liberté.

Ne demandez jamais la charité ou la solidarité au nom de Marx: reprenons ce qui nous appartient à nous, les prolétaires, les producteurs de valeur économique, en emploi ou hors emploi. N'implorons pas la pitié, établissons la justice.

Les nombreux exclus qui partagent vos idéaux, vos convictions ou votre culture marxiste, les nombreuses personnes fatiguées des compromissions syndicales, les nombreux épris de justice et de liberté vous en sauront gré.

Unissons-nous contre l'emploi, pour le salaire et la socialisation des moyens de production. Cessons de nous battre pour enrichir un patron: nos vies valent infiniment mieux que cela - mais, ça, vous le saviez déjà.

Questions pour un champion

Il paraît que Question pour un Champion est l'émission la plus rentable du PAF.
Pour occuper un dimanche pluvieux, nous vous avons concocté notre propre version.

4 points

Nous volons chaque jour dans la plus parfaite légalité des gens qui n'ont aucun recours contre nous, contre nos pratiques.
Nous sommes considérés comme des pragmatiques, des hommes et des femmes de bon sens. Les journalistes expliquent notre pensée et ridiculisent nos détracteurs.
On nous appelle Monsieur, on nous respecte - depuis des générations.

3 points

Les ministres nous mangent dans la main. Nous écrivons les lois qu'ils font voter. Ce n'est pas que nous dirigeons les instances dirigeantes européennes, c'est que nous en sommes les seuls administrateurs.
Nous n'avons jamais été élus - nous en serions incapables - mais nous décidons de tout.
Nous passons au JT sans contradicteur. Mieux, les élus qui vont appliquer notre programme à notre place s'y collent en tenant des discours de justice, d'égalité ou de liberté.

2 points

En particulier, nous décidons comment les usines ou les bureaux tournent, nous avons aussi notre mot à dire sur la gestion des deniers publics. Une partie de ces deniers publics nous est reversée pour nous aider, pour nous soutenir. Nous sommes des victimes malheureuses et avons besoin d'être soutenus.
Nous encadrons le temps des salariés, ils doivent s'expliquer à tout moment de ce qu'ils font. Nous décidons ce qu'ils produisent, comment ils produisent. Nous les obligeons à produire des bénéfices, le plus de bénéfices possibles.

1 point

Pour ce faire, nous pillons la terre, nous empoisonnons les rivières (et le débat public), nous enfumons l'atmosphère, nous envoyons les victimes du nouveau management dans des hôpitaux publics que nous avons décidé de sous-financer, nous sommes attachés à dégrader la sécurité au travail. Nous nous battons contre le salaire sous toutes ses formes. Nous prélevons une partie de vos impôts en intérêts d'un capital que nous avons prélevé sur votre travail en vous empoisonnant la vie. Pourtant, nous sommes bons, nous finançons des œuvres généreuses.

Nous sommes ... Nous sommes ?

Politique et souffrance au travail

Raphaël Thaller et Erwan Jaffrès nous proposent une lecture politique des conflits sociaux dans Contretemps (ici).


 Extrait de l'article disponible en intégralité en ligne.
La souffrance au travail conduit à des pathologies de l’isolement. Mais, paradoxalement,  elle est souvent partagée par plusieurs personnes dans le même lieu de travail au même moment pour des causes similaires.
La souffrance s’exprime par des intolérances psychologiques parfois violentes. Comme si les salariés victimes avaient intégré à tel point les contraintes qui s’imposent à eux que, dans une logique de culpabilité, ils avaient retourné l’adversité et la violence contre eux-mêmes. Cela conduit à une injustice inacceptable : les travailleurs, en souffrance, payent les effets des organisations du travail malades d’un « pur capitalisme ».
Les événements d’ordre psychosocial doivent alors interpeller les collectifs de travail : pour sortir du statut de victimes individuelles et isolées, il s’agit de réhabiliter la conflictualité et le rapport de force collectif pour la défense des conditions de travail et du contenu du travail. Cela appelle un débat sur le modèle de travail que l’on entend défendre qui interpelle le politique et l’économique.
En appelant ainsi à la conflictualité, nous sommes donc très loin des préconisations de la plupart des organismes institutionnels de santé au travail qui appellent au contraire à la « pacification » des relations de travail, à des approches « plurifactorielles » compliquées, à l’élaboration d’un « diagnostic partagé » (qui aboutit souvent à la domination d’un diagnostic particulier), gommant ainsi les antagonismes d’intérêts.
Nous faisons dans cet article l’hypothèse que la souffrance au travail est le résultat d’un processus par lequel le salarié « retourne » le conflit contre lui, en « intériorisant » les difficultés qu’il rencontre sous forme de culpabilisation et de désespoir. L’isolement empêche l’identification de l’origine de ces difficultés à l’extérieur de soi, dans le monde social et réduit les capacités d’élaboration de solutions adaptées. Les actions collectives sont seules vraiment en mesure de redonner du sens aux souffrances endurées et d’améliorer réellement les situations de travail.
L’approche patronale des risques psychosociaux repose en effet essentiellement sur la psychologisation et l’individualisation du problème:
  • Psychologisation : ce n’est pas la société ni les rapports sociaux qui sont mis en cause, mais le « profil psychologique » de la personne, avec son « stress », sa fragilité propre, son incapacité à mettre en valeur son « capital humain ». Les solutions préconisées mettront alors en avant les cellules psychologiques, les stages de sophrologie, la mise en place de « baromètres » …
  • Individualisation : la personne est considérée isolément, hors du collectif. Ce dernier ne sera convoqué, au mieux, que pour assurer l’accompagnement des individus : évaluation et sélection des personnes, mise à l’écart en cas de problème, « écoute » des individus …
Psychologisation et individualisation s’opposent ainsi à l’approche sociale et collective.
En ce sens, il ne suffit pas de mettre en cause le « management » des entreprises. S’en tenir à cela reviendrait à rester prisonnier du versant « psychologisation/individualisation », sans vraiment toucher aux racines sociales et collectives des risques psycho-sociaux.
Et pour commencer, il faut remettre le travail au cœur des rapports de force, et reconnaître que quotidiennement les travailleurs y investissent leur intelligence. C’est alors rappeler l’enjeu de la dignité au travail et des valeurs que chacun est appelé à y défendre. Cela implique de la conflictualité.
Plus que jamais il faut soutenir l’idée que les travailleurs disposent d’une force considérable : celle de produire de la valeur sans laquelle le capitalisme ne peut vivre. Il n’y a d’ailleurs pas à douter que la contestation du modèle actuel de travail peut conduire à la contestation du système économique, et réciproquement.
 Dans le même ordre d'idée, Basta interroge Danièle Linhart sur l'évolution du rapport au travail, sur le lien entre le social, l'économique et la souffrance du travail (ici). Extrait.

Basta ! : Dans de nombreuses entreprises et secteurs, de France Télécom à Renault, du secteur bancaire à l’Éducation nationale, le travail souffre. Pourquoi ?
Danièle Linhart [1] : Le travail a perdu de sa dimension socialisatrice et citoyenne. Depuis une vingtaine d’années, nous assistons à une individualisation systématique de la relation de chacun à son travail, de la gestion des salariés et de l’organisation du travail. C’est une remise au pas idéologique des salariés autour de dimensions qui sont de l’ordre du narcissisme, de la focalisation sur soi : relever des défis, se mettre en concurrence avec les autres, montrer qu’on est le meilleur, viser l’excellence, se réaliser dans le travail. Les finalités du travail ne sont plus prises en compte. Or, le travail sert essentiellement à faire fonctionner la société, fondée sur le principe de l’interdépendance entre les gens. Chacun est utile, à travers son travail, à satisfaire les besoins d’autrui. Quand on est médecin, on soigne, quand on est professeur, on enseigne, quand on est dans l’industrie automobile, on fabrique des voitures qui doivent être fiables. Le travail est le cordon ombilical qui relie chacun à la société. La modernisation managériale et l’individualisation qui est mise en œuvre ont rompu ce cordon. Le travail, qui était une expérience socialisatrice et collective en résonance avec les enjeux politiques, économiques, sociaux ou culturels de la société, se transforme en une épreuve solitaire. Chacun est dans un corps à corps angoissant avec son propre travail, et la volonté d’en retirer une reconnaissance, un prestige. Quand ça ne marche pas, les salariés s’effondrent. Avec les conséquences que l’on sait à travers le phénomène incroyable du suicide.
En quoi consiste cette modernisation du management, cette « néo-taylorisation » de la production ?
Il s’agit d’une forme de rationalisation de l’organisation du travail. Elle est de plus en plus présente à tous les niveaux des tâches, dans l’industrie ou le tertiaire. Elle vise les cadres comme les employés. Elle consiste à fixer des impératifs et des objectifs avec des contrôles extrêmement détaillés et rapprochés. Aux cadres, on demande un « reporting ». Chaque demi-journée et parfois même quatre fois par jour, ils sont censés dire à quoi ils ont utilisé leur temps. La traçabilité informatique permet de contrôler l’activité des individus sur leur lieu de travail. Savoir comment ils travaillent, où ils en sont. Ce néo-taylorisme se voit bien dans les centres d’appel. Les salariés y sont soumis à des scripts extrêmement détaillés. Ils n’ont pas le droit d’utiliser leurs propres mots lorsqu’ils sont au téléphone. Le temps des conversations est chronométré. C’est une forme de rationalisation du travail qui exerce un contrôle extrêmement rapproché des salariés. Ce nouveau management s’inspire de modèles venant du Japon et du monde anglo-saxon, mais il comporte aussi une spécificité française. En France, plus qu’ailleurs, il existe une défiance envers les salariés. La France était encore récemment un pays où l’idéologie de la lutte des classes était très présente. Cela a beaucoup marqué le patronat.

Lettre aux électeurs MR (UMP, VLD ou NVa)

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Chers compatriotes électeurs de droite,

Vous faites partie des futurs 27% d'électeurs wallons (ou des tant de pour cent français, flamands) qui seront représentés dans le gouvernement qui se dessine. C'est un honneur et une responsabilité pour vous, nous vous en félicitons. Mais, cet honneur, vous l'avez payé suffisamment cher pour prendre vos responsabilités en main.

Vous êtes petits indépendants, entrepreneurs plus ou moins couronnés de succès et, ces dernières années, vous avez eu le sentiment que vos conditions d'activité se dégradaient. Elles se sont dégradées.

Vous pensez certainement que les charges vous accablent. Si elles accablaient vos concurrents aussi, elles ne vous poseraient pas de problème puisque tout le monde alignerait ses prix. Mettons que les impôts et les cotisations atteignent 80% de la valeur ajoutée, vous intégrez cette somme dans vos prix et, comme vos concurrents sont soumis à la même gymnastique, tout le monde augmente ses prix et les taxes ou les cotisations sont un jeu à somme nulle pour les comptes de l'entrepreneur.
On peut imaginer un bien à 100€ dont 20€ de valeur ajoutée. L'entrepreneur, au lieu de facturer 100€ son bien et son service face à une concurrence qui le facture 100€, va le facturer 116€ face à une concurrence elle aussi contrainte de le facturer 116€ ... et c'est tout. Cette différence paie les fonctionnaires, les routes, les infrastructures publiques, les écoles, les soins de santé ou les retraites de vos employés (ou de vous-mêmes). C'est pratique, des routes utilisables, des ports, des aéroports, des trains, c'est pratique quand les employés peuvent s'investir dans leur travail sans crainte pour leur santé ou pour leurs vieux jours. Il est dans votre intérêt de défendre les impôts et les cotisations, sources de votre prospérité.
Mais vos concurrents plus gros ne paient pas leurs impôts de la même façon que vous. Vous savez (ou ne savez peut-être pas) que les principales multinationales du pays éludent l'impôt et les cotisations sociales. Elles les éludent le plus légalement du monde par des mécanismes de contournement de l'impôt ou de la cotisation accessibles aux seules grosses entreprises.

Les 16 milliards d'euro que coûtent les intérêts notionnels, c'est vous, les indépendants et les petits entrepreneurs, qui les payez: vos concurrents plus gros qui en bénéficient peuvent diminuer leurs prix puisqu'ils ne sont pas soumis à l'impôt à cause de ce mécanisme et, pour vous aligner sur leurs tarifs, vous êtes obligés de réduire vos revenus. Cette mesure - qui représente plus du double de l'ensemble du budget du chômage - a pourtant été prise par un de vos représentants, peu soucieux de vos intérêts, Didier Reynders.

Par ailleurs, la guerre au salaire rend votre activité compliquée. Certes, vous prenez des responsabilités, vous avez des soucis, mais, à moins d'être propriétaires d'entreprises en situation de monopole, vous voyez votre carnet de commande se tarir. Vous travaillez aussi bien que possible, vous chassez le gaspillage et soignez la finition de vos prestations, rien n'y fait. Faute de carnet de commande votre ouvrage - et le cœur que vous y mettez - pourrit dans vos entrepôts. Vos clients sont rincés à cause de la guerre au salaire. Cette guerre aux salaires, ce sont les mesures de saut d'index, les sous-contrats au rabais des jeunes ou la diminution des pensions ou des prestations du chômage.

De nouveau, si tous les entrepreneurs en concurrence augmentent les salaires en même temps, l'opération est indolore par rapport à la concurrence. Par contre, l'augmentation des salaires permet à vos carnets de commande de se remplir. Les gens cessent de consommer non parce qu'ils n'en ont pas envie mais parce qu'ils n'en ont plus les moyens.

Cette guerre aux salaires, c'est l'augmentation de la durée de travail, c'est la dégradation des conditions d'emploi ou la diminution des prestations de santé, de chômage ou de retraite. Oui, ces salaires - quelle qu'en soit la forme - sont dépensés et remplissent joyeusement votre carnet de commande et vous permettent de faire de juteuses affaires.

Pour ceux d'entre vous qui sont propriétaires d'immeubles, la misère de la diminution des salaires entraîne ... la diminution des loyers. La guerre aux salaires vous coûte extrêmement cher. Pensez à la tête de votre comptable le jour où vous n'aurez plus de concurrence qui ne paie pas d'impôt, où vous pourrez ajuster vos prix à vos coûts, où les clients se bousculeront pour acquérir la production dans laquelle vous mettez tant de cœur et de talent.

Des pistes existent pour aller plus loin dans la mise en place d'une société libre et démocratique à laquelle vous êtes attachés autant que nous. On peut imaginer un monde dans lequel l'entrepreneur soit déchargé des tâches pénibles, répétitives de l'employeur sans que l'efficacité de sa production en soit affectée. Il suffit de verser les salaires à une caisse commune qui les reverse aux travailleurs. Vous cotisez en fonction de votre chiffre d'affaire et vous pouvez vous entourer d'autant de collaborateurs que vous souhaitez - vous et eux. Vous pourrez alors vous concentrer sur ce que vous aimez: produire, réaliser, entreprendre et ne plus tenir ce rôle de garde-chiourme, de contremaître avide peu en phase avec votre amour de la liberté.

Sans aller jusqu'à explorer ces pistes dans le détail, nous vous appelons à faire valoir vos intérêts auprès de vos représentants. Défendez les salaires comme sources de votre prospérité. Avec des clients, avec des concurrents qui paieront le prix juste, vous pourrez vous y retrouver, vous pourrez développer votre activité et votre prospérité en toute liberté. Si vous ne défendez pas les salaires, à force de griller les prestations salariales et publiques, ce n'est pas en Suède que vous vous retrouverez, c'est en Érythrée, dans un pays où la misère endémique pousse les gens à s'enfuir au risque de leur vie.

Vous méritez mieux que cela et nous méritons mieux que cela. La liberté peut entrer dans l'entreprise, la concurrence peut redevenir juste à condition que vos représentants s'attaquent aux niches fiscales et sociales qui vous coûtent à vous si cher. Vous méritez le salaire socialisé, la protection inconditionnelle contre la vieillesse, la maladie ou du chômage. Vous méritez - et vous pouvez le rappeler à vos représentants - d'inventer de nouveaux modes de création de valeur économique quand vous prenez des vacances, quand vous passez du temps avec  votre famille, avec vos proches.

Si cette lettre vous parle, interpellez vos représentants sur ces quelques points, vous pouvez infléchir leur politique qui vous est hostile. Vous pouvez faire ce que vous aimez, vous pouvez, ici aussi, maintenant, incarner la liberté qui vous est chère en retroussant vos manches.

Les 73% d'électeurs absents du gouvernement vous en sauront gré.

L'Érythrée, modèle économique de la suicidoise

L'ancienne coalition est morte en Belgique, terrassée par le succès électoral de ses composants - succès assez inattendu, il faut le dire.

Une autre coalition est appelée à régner. Comme nous ne sommes pas en panne d'idées sur la plateforme, nous avons trouvé un modèle économique prêt à l'emploi pour les négociateurs plus employistes les uns que les autres.

L'Érythrée est un pays charmant. Son emblème est jaune et bleu comme

1. L'Europe
2. L'Ukraine
3. Les couleurs des partis politiques appelés araignées.

Ce beau pays se caractérise par un taux de dépenses publiques tout à fait remarquable pour nos libéraux: 27% en additionnant les dépenses de la sécurité sociale et celles de l'État pourtant assez autoritaire. Ce taux correspond d'ailleurs, par hasard, au taux d'électeurs wallons représentés dans le futur gouvernement. On pourrait aussi signaler que le nationalisme est le principal argument d'autorité du gouvernement là-bas, comme c'est le cas du principal parti de la future coalition.

Ce n'est pas tout. L'Érythrée met au travail forcé les faignants, les chômeurs, les jeunes, les travailleurs au moyen d'un service militaire allongé, obligatoire, émaillé de camps de travail forcé et, bien sûr, bénévole.

Mais, mieux encore pour les Ukrainiens, les Européens et les Suicidiens, les salaires sont ridicules en Érythrée (69% de la population sous le taux de pauvreté et salaire moyen à 38$, moins de 30€, encore moins qu'en Ukraine!), ce qui dope la compétitivité de cette nation d'avenir.

Bien sûr, les esprits chagrins diront qu'on retrouve les jeunes en fuite au fond de la Méditerranée, que le pays se classe 180e pays en matière de liberté de la presse sur ... 180, mais on n'a rien sans rien et quand on aime compter, on ne compte pas. C'est que l'idéal libéralo-suicido-européano-érythréen, ça s'assume (et tant pis pour les quelques dégâts collatéraux).

Et puis, il ne faut pas noircir le tableau, l'Érythrée bénéficie d'une assistance humanitaire médicale de ... Cuba.

En tout cas, toutes nos félicitations à la Commission Européenne (ici) et à la suicidoise (ici), toutes deux très appliquées dans la mise en œuvre du progrès érythréen.


Sources:

- le service militaire

Les Érythréens sont dans une situation invivable car leur pays est devenu l'une des pires dictatures au monde. Le président Afeworki considère son peuple, qui est contrôlé en permanence, comme son esclave. Le pays est devenu un immense camp de travail forcé. Le service militaire commence à l'âge de 17 ans et se termine à 50. C'est l'armée qui décide de tout : du métier que les citoyens doivent exercer, de l'emploi du temps et... des sévices qu'il faut subir. Ceux qui s'opposent au régime sont jetés dans des camps disciplinaires. De manière aléatoire, l'armée organise des rafles au sein de la population. Les habitants sont acheminés dans des bagnes pour des vérifications d'identité qui peuvent durer trois ou quatre jours de façon totalement arbitraire. La psychose et la paranoïa tiennent le pays dans son ensemble. Vivre en Érythrée, où l'économie est totalement délabrée, est aujourd'hui un calvaire.
Le Monde 21 janvier 2013 (ici).

- le taux de pauvreté de 69% 

Banque Mondiale (ici)

- le salaire moyen de 30€ (en 2012)

 le Journal du Net (ici)

- prélèvements obligatoires (27,9%) soit à peu près le score électoral du MR

Statistiques Mondiales (ici)

précisons en outre que le pays est surendetté (120% du PIB, ce qui est comparable à la Belgique, la dette court depuis des années et le gouvernement compte sur l'activité minière pour se renflouer, que le taux de chômage officiel est de 7,9%, lui aussi tout à fait comparable à celui de la Belgique). Ce pays est parmi les plus mal classé au monde en terme de développement humain ou pour les revenus par habitants: un modèle de modération salariale libéral.

La démocratie syndicale en Belgique

Cet article est disponible en PDF ici

Dans un rapport récent de la confédération internationale des syndicats (ici), la Belgique est classée comme un pays démocratique au niveau syndical.

Ce rapport est écrit sur base des rapports des syndicats eux-mêmes. Cela pose problème quand les syndicats sont des machines de pouvoir pro-gouvernementales, quand la corruption et le népotisme y sabotent le respect du droit et des intérêts des travailleurs.

Il y a tout lieu à croire que le syndicat double (triple en comptant le petit syndicat libéral) CSC-FGTB joue un rôle de courroie de transmission du pouvoir politique - incompatible avec la démocratie sociale.

1. Les syndicats en Belgique sont censés représenter les travailleurs or les élections sociales sont organisées de telle sorte que seuls les travailleurs en emploi sont représentés. Les retraités, les invalides et la masse des chômeurs, adhérant et cotisant ne sont pas représentés dans les instances dirigeantes des syndicats et, partant, ces instances ne doivent leur rendre aucun compte.

2. La gestion de la sécurité sociale est censée être paritaire or l'annonce régulière de modifications de son fonctionnement - notamment des conditions de prestation pour les chômeurs ou les pré-pensionnés - de la part du gouvernement sans la moindre concertation préalable prouve que les cogestionnaires (patrons et syndicats) font de la figuration dans ces instances.

Pourtant, nous rappelons que l'intégralité de la sécurité sociale est un salaire et qu'elle doit en conséquence être gérée par les seuls salariés et par leurs représentants élus. Ces représentants doivent rendre des comptes à leur mandants - ce qu'ils n'ont jamais fait au niveau de la base en Belgique. De ce fait, les décisions concernant les salaires socialisés sont pris au nom des salariés sans qu'ils soient consultés, sans que leurs représentants leur rendent des comptes et sans qu'ils aient voie au chapitre. Que dirait-on si les patrons et les gouvernements s'occupaient de la gestion des salaires individuels et que les représentants des salariés pour cette gestion étaient d'aimables potiches?

3. Les rapports de bon voisinage entre partis politiques et syndicats sont tellement cordiaux que, régulièrement, des responsables syndicaux nationaux figurent sur les listes des partis politiques correspondants (CDH pour la CSC ou PS pour la FGTB). Variante intéressante, c'est parfois le ou la conjointe d'un ou d'une responsable syndical(e) national(e) qui occupe un poste en vue dans le parti politique frère. Cette ambiance de syndicat à la chinoise favorise certainement les rapports incestueux entre les syndicats et les partis politiques mais, par rapport aux droits des travailleurs, le népotisme et le syndicalisme de copains constitue un danger certain.

4. La liberté syndicale est fortement entravée puisque, pour créer un nouveau syndicat qui soit un interlocuteur social, il faut un nombre minimum de membres (50.000 voir le site officiel du SPF emploi, travail et concertation sociale ici). Cette règle limite la représentation syndicale aux trois grands syndicats, des syndicats d'État inscrits dans une logique de concertation, très peu combatifs.

5. D'autre part, en Belgique toujours, ce sont les syndicats qui détiennent les mandats de la délégation et non les délégués de sorte que la hiérarchie syndicale prend l'habitude de se débarrasser des délégués trop remuants, ce sont les permanents qui décident pour les délégués et, au sein des permanents, ce sont les hauts responsables régionaux ou nationaux qui décident. Cette façon de faire obère la démocratie sociale de manière particulièrement voyante quand les secrétaires généraux des syndicats passent dans des partis politiques ou quand leur conjoint occupe une place de choix dans les structures partisanes. Tout fonctionne comme si c'était les électeurs qui devaient se justifier auprès des élus de base, comme si les parlementaires devaient rendre des comptes aux ministres.

 En conséquence, en Belgique, les droits sociaux sont régulièrement sabotés par le gouvernement et par les employeurs avec la complicité active des organisations syndicales. Ceci qualifie la Belgique comme pays de catégorie 3 ou 4 dans le rapport susmentionné. 

La guerre contre le salaire en Europe

MyEurop résume les attaques dont est victime le salaire minimum de par l'Europe ici. Nous résumons. La guerre contre les salaires est toujours menée au nom de l'emploi. Cette guerre ne crée pas le moindre emploi (avec les salaires, ce sont les carnets de commandes des entreprises qui se vident) mais dégonfle par contre avec beaucoup d'efficacité les salaires.

En France, Pascal Lamy et Pierre Gattaz, chef d'une petite officine patronale (le Medef) évoquent l'idée d'emplois payés moins que le SMIC (pour les jeunes pour Gattaz).

Cette idée nauséeuse est évidemment à condamner avec la plus grande fermeté: ce sont les salaires qui soutiennent l'économie, ce sont les salaires sociaux qui doivent relancer une économie et servir de base à sa démocratisation, indispensable au regard des enjeux écologiques. Il faut libérer l'économie des propriétaires lucratifs et de l'avidité.

En Grèce, la déglingue du salaire, la guerre au salaire a déjà remporté des victoires significatives. Extrait
Le Smic a, en effet, été grignoté de 22% (passant de 751 à 586 euros brut, soit 487 euros net), assorti d'une diminution complémentaire de 10% prévue pour les jeunes de moins de 25 ans).

En Allemagne où le SMIC sera d'application le premier janvier 2018, il sera obéré par de nombreuses exceptions. Extrait.
Ce texte prévoit une rémunération de 8,50€ brut de l’heure pour tous les secteurs d’activité et trois exceptions:
  • Les chômeurs de longue durée qui retrouvent un emploi pourront être rémunérés en dessous de ce smic horaire durant les six premiers mois de  leur contrat.
  • Les mineurs pourront être rémunérés en dessous de cette barre symbolique des 8,50€. Le but de la ministre du travail Andrea Nahles est d’inciter les jeunes à poursuivre leurs études et leurs formations au lieu d’entrer trop tôt sur le marché du travail.
  • Les stages de moins de 6 semaines échappent au Smic. En revanche, passées 6 semaines, les étudiants et apprentis recevront les 8,50€ de l’heure réglementaires
 En Grande-Bretagne, le SMIC instauré par Tony Blair connaît lui aussi de nombreuses exceptions. Extrait.

Le salaire horaire minimum est actuellement de 3,72£ (4,39 euros) pour les 16-17 ans, 5,03£ (5,93 euros) pour les 18-20 ans et 6,31£ (7,44 euros) pour les autres. Un jeune de moins de 18 ans peut donc être rémunéré 41% de moins qu’un adulte de plus de 20 ans pour le même emploi. Le taux pour les 16-17 ans a été mis en place en 2004: le gouvernement s'est aperçu que de nombreux jeunes de cette classe d’âge étaient exploités par leurs employeurs.
(...)
Une enquête publiée un mois plus tôt sur les années 2008-2010 était pourtant formelle: le salaire minimum des jeunes n’avait pas influé sur le nombre d’emplois, mais plutôt sur les revenus: une hausse de 3% des taux juniors avait entraîné une réduction d’environ 10% des heures travaillées, ce qui s’était traduit par une perte d’environ 7% des revenus.

 En Espagne, les patrons font eux aussi pression pour instaurer un SMIC jeune encore plus misérable. Pourtant, ce pays, avec un chômage massif et un SMIC à 645€ constitue une preuve vivante de l'inanité de la guerre au salaire pour diminuer le chômage. Dont acte.

Nous proposons exactement l'inverse: une guerre à l'emploi pour augmenter les salaires.

Pauvres Actionnaires (F. Ruffin) - notes de lecture

Nous avons le plaisir de vous présenter nos notes de lecture de

F. Ruffin, Pauvres actionnaires! Quarante ans de discours économique du FN passé au crible, Fakir Éditions, 2014.

Nous nous contenterons de relever les considérations du journaliste relatives à la position du parti quadragénaire relatives à l'emploi - ces notes de lecture n'ont nullement la prétention d'épuiser tous les sujets qu'aborde ce petit livre, très dense, dont nous recommandons vivement la lecture (6€, même en Belgique).

Le FN prône l'augmentation des bas salaires en les subsidiant par la TVA à l'importation - 200€ de subsides pour les salaires jusqu'à 1500€.

Cette mesure vise à

- diminuer les salaires réels.
Quand les salaires sont subventionnés, la partie non-subventionnée du salaire a tendance à baisser ... du même montant que celui de la subvention: les producteurs sont en concurrence et doivent admettre des baisses de salaire faute d'être envoyés au chômage. L'argent de la subvention va donc permettre aux patrons de diminuer les salaires d'autant (à niveau de vie inchangé pour les travailleurs). La différence va d'abord aller dans les dividendes de l'actionnaire avant de disparaître purement et simplement du PIB.

- fiscaliser les salaires de l'entreprise
Ce n'est plus l'entreprise qui paie ses salaires (ou les cotisations sociales de ses employés) mais l'État, c'est-à-dire les contribuables, c'est-à-dire, essentiellement, les travailleurs eux-mêmes, les classes moyennes.

- mettre la question salariale au niveau de la redistribution et non de la distribution
La redistribution entérine le fait qu'il faut d'abord admettre la distribution primaire entre travailleurs et propriétaires, entre travail et capital pour venir (éventuellement) après arranger les choses. En l'occurrence, la redistribution se fait exclusivement au niveau du monde du travail sans que le capital soit le moins du monde inquiété. Cette manière de poser le problème évacue la question de la distribution entre le capital et le travail, elle évacue la problématique de la lutte de classe dans un irénisme béat (ou cynique).

Le FN veut promouvoir l'emploi en s'appuyant sur les PME et PMI. Il n'y pas une seule ligne concernant les actionnaires.
 Il s'inscrit à l'instar de la quasi totalité du corps politique dans la perspective d'un esclavagisme, d'une minorité économique pour la majorité, pour les travailleurs, dans l'emploi et hors emploi, au bénéfice des possédants. Le parti Le Pen ne remet en cause en aucune façon la légitimité de la propriété lucrative: les patrons restent des patrons et les actionnaires restent des actionnaires (pas même taxés).


Pour le FN, le patron embauche les travailleurs compétents et licencie quand il n'a plus besoin d'eux ou que leurs compétences ne conviennent plus.  Dans le programme (Notre Projet) de 106 pages, on ne trouve nulle mention de l'intérim.
Ce pouvoir sur la qualification et sur la production économique demeure évident, indiscuté, pour le père comme pour la fille.


Le FN entend utiliser le protectionnisme pour préserver l'emploi français en France (pour les Français, etc.).

Il s'agit d'un parti qui prétend lutter pour l'emploi. Son protectionnisme revendiqué s'oppose aux libre-échangisme du père dans les années 80, quand Jean-Marie Le Pen se réclamait de Reagan. Ce protectionnisme coûteux pour les consommateurs et délicat pour les relations internationales serait unilatéral. Au nom de l'emploi, le FN n'hésiterait pas à mettre en péril les relations diplomatiques et le budget des ménages.

Le parti Le Pen ne dit strictement rien sur


- les conditions de travail

- l'importance des salaires dans l'économie

- la précarité

- l'insupportable aliénation qu'est l'exclusion du pouvoir économique de celles et ceux qui la crée

- les stages bidons, les employeurs mauvais payeurs

- les grèves, le droit de grève, la liberté syndicale, la liberté d'association

- la propriété lucrative

- la nécessaire propriété d'usage de l'outil de travail par les travailleurs.

Ce parti s'est opposé aux mouvements pour la défense des retraites, contre les (sous) emplois jeunes, etc. Du point de vue de l'émancipation des travailleurs, de la libération du travail et de l'abolition de la propriété lucrative, ce parti ne présente aucun intérêt.

La politique de l'offre

Une petite vidéo en anglais (que nous vous avons traduite ci-dessous) ici nous explique ce que coûtent les bas salaires aux contribuables aux États-Unis. Elle illustre à merveille les aberrations de la politique de l'offre chère à Hollande.


Il s'agit de faire assumer les salaires (vus comme des coûts) par les contribuables, de rendre l'emploi pour ainsi dire gratuit, ce qui l'assimile à de l'esclavage.
 Cette guerre au salaire est menée au nom de l'offre, de la réduction des prix. On constate ici, en l'occurrence, que la guerre au salaire et le misérabilisme, l'évergétisme caritatif dégoulinant qui l'accompagne permet de gagner 1,4% du prix pour le consommateur - une proportion ridicule qu'explique aisément le mode de formation des prix: la valeur ajoutée (salaire, investissement et dividendes) n'est qu'une petite partie du prix surtout composé des consommations intermédiaires, de l'achat des produits nécessaires à la transformation.

L'idée de cette guerre au salaire est de rendre l'emploi gratuit et de le financer par l'impôt. À l'extrême, s'il n'y a plus aucun salaire, on voit mal qui paiera encore les impôts pour subventionner les revenus des travailleurs-esclaves. Cette idéologie de réduction du salaire (au nom de la concurrence) est la même que celle qui amène à réduire les prestations sociales, à exclure les chômeurs (qui ont un salaire) et à les envoyer vers la charité publique (financée par les contribuables).

Traduction (un peu télégraphique) des idées clés de la vidéo. Nous sommes passés à la ligne pour chaque changement d'image.

68 centimes = coût du paquet de chips avec les salaires inférieurs au minimum vital, avec les bons alimentaires payés par le contribuable.
Les bons alimentaires sont dus en dessous d'un revenu de 20.449$ par an pour une famille de deux personnes (une maman qui travaille à Walmart et une personne à charge). Cela fait 15.730€ par an, soit 1310€ par mois.
En Ohio, 15 % des employés de Walmart ont recours aux bons alimentaires selon des analystes, les caissières gagnent en moyenne 8,81$ (6,80€) l'heure.
L'année dernière, les bons alimentaires ont représenté 76 milliards de $ (58 milliards €) dont les employés de Walmart ont dû utiliser 18 %, soit 13 milliards de $ (10 milliards €).
Pour prendre l'Ohio, les employés de Walmart utilisent 300 millions de $ de bons alimentaires par an pour leurs courses alimentaires, notamment chez … Walmart.
Une employée qui travaille chez Walmart va recevoir des bons alimentaires et les dépenser chez Walmart.
Pour amener cette mère célibataire avec un enfant à charge au-dessus du seuil éligible pour les bons alimentaires, en admettant qu'elle travaille 30 heures par semaine, 50 semaines par an (un profil typique pour ce genre de métier), il faudrait que son salaire horaire passe de 8,81$ à 13,63$ (10,50€) .
Si Walmart augmentait tous ses employés, cela coûterait 4,8 milliards $ par an aux propriétaires de l'enseigne. Si les clients devaient assumer cette augmentation, les prix devraient augmenter de 1,4 %.
Le paquet de chips passerait de 68 centimes à 69 centimes pour épargner 300 millions $ des contribuables américains chaque année.

Pistes contre la crise

Cet article est disponible en PDF ici

Pour ouvrir le débat, la plateforme entend participer à la réflexion qui traverse l'Europe en crise, nous avançons nos propositions anti-employistes inspirées de l'économiste Bernard Friot pour sortir de la crise. Si l'on reste dans l'Europe, il faut adopter les mesures qui suivent au niveau européen, si l'on quitte l'Europe pour des pays ou des régions-États, il faut prendre ces mesures à l'échelle concernée.

A minima, il faut une sécurité sociale européenne, un droit social (un salaire minimum) et fiscal européen faute de quoi le continent sombrera dans la barbarie, dans la guerre de tous contre tous.

Cette sécurité sociale sera financée au niveau européen par des cotisations de toutes les entreprises sur ce continent. Ces cotisations seront prélevées sur la valeur ajoutée produite et seront affectée à une caisse sociale européenne qui paiera les prestations sociales au niveau européen. Celles-ci incluront les retraites, les maladies, l'invalidité, le chômeur selon le principe du droit salarial lié à la qualification individuelle et non selon le principe assurantiel de la carrière dans l'emploi.

Mais, passé ce socle a minima, voyons quelles ambitions pragmatiques nous pouvons nourrir pour dépasser une crise quadragénaire.

1. Socialiser le salaire au niveau européen pour dissocier le salaire de l'emploi: l'ensemble des entreprises européennes cotisera dans une caisse commune européenne de salaire. Cette caisse redistribuera les salaires aux travailleurs européens dans leur ensemble. Les différences de niveaux de vie seront peu à peu atténuées en harmonisant progressivement les prestations salariales reversées aux travailleurs dans les différents pays.

Les salaires seront exclusivement liés à la qualification individuelle du travailleur - la qualification n'est pas la certification, le diplôme mais la reconnaissance de la production de valeur économique.

Cette mesure garantira le salaire à tous les Européens, elle abolira aussi bien l'emploi esclavagiste que le chômage à l'échelle du continent et en finira une fois pour toute avec la concurrence entre les travailleurs.

2. Socialiser l'entièreté de la valeur ajoutée pour que les travailleurs deviennent les acteurs responsables de l'économie. La valeur ajoutée, c'est-à-dire le salaire, nous l'avons dit, mais aussi les dividendes et les investissements. L'ensemble de la valeur ajoutée européenne sera affectée à
- des caisses salaires pour les salaires
- des caisses investissements pour les investissements
- des caisses gratuité pour les dépenses de services publics gratuits (la santé, l'éducation ou les transports de proximité, par exemple)

3. Démocratiser l'économie en en confiant la gestion à ses usagers - les clients, les pouvoirs publics et, surtout, les producteurs eux-mêmes.

4. Responsabiliser les acteurs économiques en abolissant la propriété lucrative. La notion de loyer sera abolie, les dividendes seront abolis. Mais cela ne signifiera pas l'abolition de la propriété elle-même: la propriété d'usage sera défendue, étendue, protégée mais le fait de faire du bénéfice vénal avec un titre propriété sera condamné, interdit et poursuivi. Les anciens propriétaires lucratifs seront reconnus comme producteurs et auront droit à un salaire lié à leur qualification au même titre que les autres.

5. Le crédit sera uniquement pratiqué par les caisses et ne générera aucune rentrée, aucun bénéfice pour les créanciers puisque la propriété lucrative aura été abolie. En conséquence, les dettes publiques et les dettes des entreprises seront simplement abolies puisqu'elles sont liée à la propriété lucrative.

6. Cependant, on remplacera le crédit par la subvention. Les caisses d'investissement nourries par les cotisations verseront des subventions aux acteurs économiques sans demander de remboursement.

7. Harmonisation du droit social et fiscal au niveau européen. Débats populaires autour de la question de la fiscalité et du droit social.

8. Conditionner les échanges internationaux à l'harmonisation fiscale et sociale pour se garder de la concurrence, quitte à pratiquer un protectionnisme amical, à reverser aux travailleurs des pays exportateurs des cotisations prélevées sur les prix à la consommation des marchandises importées.

Le programme du CNR - Les jours heureux


70 ans du programme du Conseil National de la Résistance, dans les décombres de la guerre et du fascisme des résistants ont parlé salaire, démocratie et bonheur. Bon anniversaire à nous tous.

Extrait

Sur le plan économique :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des Etats fascistes ;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurance et des grandes banques ;

- le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

Sur le plan social :
le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ; 
un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ; 
la garantie du pouvoir d’achat national pour une politique tendant à une stabilité de la monnaie ; 
la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ; 
un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ; 
la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ; 
l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance conte les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ; 
une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;


http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_Résistance

Les salaires employés ... pour payer l'emploi


Vous êtes imposés sur votre salaire pour payer les salaires que les propriétaires d'entreprises ne daignent plus payer, pour augmenter leurs marges.
Les contribuables paient les salaires à la place des patrons - ce qui appauvrit les classes moyennes et enrichit les actionnaires. Mais la classe politique veut aller encore plus loin en envoyant les chômeurs au CPAS, à la charité publique: c'est un appauvrissement via l'impôt des classes moyennes pour un profit (à court terme, il disparaîtra via la concurrence) pour les richissimes.

Inutile de dire que cette politique est menée au nom de l'emploi et de la compétitivité (mais elle obère la productivité réelle, la qualification des travailleurs) et qu'elle génère un chômage de masse et des conditions d'emploi dignes du servage - maladies mentales en plus.

Comment se fait-il que les PS ou les CDH qui sont censés défendre les classes moyennes laissent laminer leur base électorale, laissent disparaître leur salaire? Comment se fait-il que le MR, représentant notamment les petits indépendants et les petits propriétaires, laisse les cahiers de commande de son électorat se dégonfler avec les salaires? J'avoue que je m'y perds - les arcanes de la politique m'échappent.

Comment se fait-il que les syndicats et les partis politiques soient complices de cette guerre au salaire qui fait tant de dégâts humains et écologique? Comment se fait-il enfin que cette situation aberrante en Belgique est celle qui prévaut dans le reste de l'Europe aussi?

http://www.lesoir.be/491261/article/economie/2014-03-12/en-belgique-un-emploi-sur-trois-est-subsidie-par-l-etat

Éducation, emploi et citoyenneté

Petite réflexion sur l'éducation d'abord tournée vers la citoyenneté puis vers l'emploi depuis une vingtaine d'années. Enjeux de guerre symbolique autour de l'école.

https://www.youtube.com/watch?v=0uaJFk0LHLU

Menace de délocalisation contre les salaires

Vieille rengaine bien connue en Europe des patrons: si vous n'acceptez pas une baisse de salaire, nous délocalisons. C'est l'incarnation de la politique de l'offre, de la mise en concurrence des employés entre eux au détriment du salaire.

Ici, Electrolux menace de délocaliser en Pologne si les ouvriers italiens n'acceptent pas une baisse de salaire de ... 50%. Il leur resterait tout de même 700€ par mois.

L'article de PressEurop ici.

De manière incroyable, le gouvernement en rajoute:

Du côté du gouvernement, le ministre du Développement économique élargit le discours. "Il faut réduire le coût de la production en Italie et celui de l’emploi" a déclaré Flavio Zanonato, touchant ainsi à deux points centraux du fameux Job act, le plan pour la relance de l’emploi en Italie du nouveau patron du parti démocrate, Matteo Renzi.
Durant les prochains jours, une rencontre devrait avoir lieu entre les partenaires sociaux, les représentants d’Electrolux et le ministre du Développement économique. La direction suédoise n’ayant pas l’intention de lâcher du lest, ces discussions devraient rester lettre morte.
Inutile de dire que la seule façon d'arriver à sauver le salaire au niveau européen, c'est d'imposer une législation sociale, un salaire minimum et une sécurité sociale, au niveau européen. À défaut, la mise en concurrence des producteurs achèvera l’œuvre délétère de casse des salaires, ce qui amènera les États-Nations à fermer leurs frontières un jour ou l'autre, à réguler et à s'impliquer dans l'économie.

Appel aux amateurs.