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Éloge du conflit

La guerre contre le salaire en cours prend deux visages:
1 celui de la négation directe du salaire - qu'il soit individualisé pour l'employé ou qu'il demeure social pour les prestataires de la sécurité sociale ou pour les vacanciers
2 celui de la négation de la pratique salariale comme droit politique, comme reconnaissance juridique d'une citoyenneté dans l'économique
Cette guerre fait rage en Europe, aux États-Unis et dans une partie de l'Amérique latine. Elle marque le pas en Europe centrale, en Chine ou dans une partie de l'Amérique latine.
Ce qui se joue en France dépasse - et de loin - les enjeux hexagonaux. C'est l'ensemble de la façade occidentale du continent qui peut, sur une résistance efficace, sur une force de proposition, sur une vision du monde alternative basculer et changer de dynamique.

Nous pouvons non seulement revendiquer et imaginer une pratique salariale de la valeur, une pratique de la citoyenneté économique et du salaire comme droit mais aussi inventer ladite pratique.

Nous pouvons nous passer d'employeur et d'investisseur car l'économie, c'est nous. Eux ne sont rien que des êtres de papier gardés par la peur.

Nous pouvons nous passer de la médiocrité comptable d'un quelconque Michel, Renzi, Rajoy, Schröder, Blair ou Macron parce que la société, c'est nous. Eux ne sont rien que des êtres de papier gardés par la peur.

Nous pouvons nous reconnaître comme êtres de droit économiques et politiques parce que ce qui est à la base de la reconnaissance du droit, c'est nous.

Sacrifice

Pour René Girard (La violence et le sacré, Fayard, 2010), le sacrifice est une façon de casser le cycle infernal de la violence, de la vengeance créée par la violence et des contre-vengeance qu'elle appelle.

En somme, c'est la violence sociale qui est canalisée par le sacrifice. La personne ou l'animal sacrifié n'a pas de lien avec le cycle de vengeance qu'il ou elle rompt et reste sans défense face au couteau sacrificateur.

Au fond, si l'électorat du FN choisit de sacrifier les pauvres, les étrangers, les immigrés pour conjurer ses souffrances, celui de la droite (Macron, LR ou PS) choisit de sacrifier les salariés, les retraités, les chômeurs, les rsastes, les employés, les fonctionnaires pour que la violence sociale puisse continuer comme avant, pour que les institutions européennes continuent leur travail de sape des conquis sociaux, pour que les alliances militaires et géo-politiques demeurent en l'état, etc. 

Et si on s'attaquait aux causes mêmes de la violence sociale, à ce qui nous réduit à être des serfs dans l'entreprise et dans l'économie? Cette violence, c'est celle de considérer comme "normal" que celles et ceux qui décident qui travaille, comment ils travaillent et pour faire quoi ne soient pas les travailleurs mais les propriétaires; cette violence, c'est de considérer les dégâts humains et environnementaux comme des externalités négligeables, c'est de considérer des millions de chômeurs, d'exclus, d'employés maltraité en Europe comme des facteurs négligeables.

Forcément, les facteurs se rebiffent. Ils ne peuvent subir cette violence d'être tenus pour quantité négligeable sans la détourner sur un sacrifice.

Mais la source même de la violence provoque ce besoin de sacrifice expiatoire. Cette source, c'est le mépris dans lequel les producteurs et les productrices européens sont tenus. C'est elle qui crée cette aspiration au sacrifice.

Pour autant, la messe n'est pas dite et il se pourrait que, un jour, on considère la souffrance en emploi ou au chômage pour ce qu'elle est

une violence inacceptable, brutale, stupide et criminelle.

Les actionnaires ont détourné 25 milliards

Ce ne sont pas les patrons qui ont "économisé" cet argent. Ce sont les actionnaires, les propriétaires qui l'ont retiré de l'économie productive en l'amassant sur des comptes virtuels aux Caïmans ou au Luxembourg.

Les profits profitent aux profiteurs.

L'argent n'a pas été économisé, il a été perdu. Il a été perdu comme moyen de stimuler l'activité pour s'équiper d'écoles, d'universités, de crèches, de transports en commun, pour produire de manière plus écologique ou encore (par exemple) pour assurer la transition énergétique. Il a contribué à jeter dans la misère les producteurs qui auraient pu porter l'ensemble de ces ambitions.
Cet argent a surtout été perdu pour l'ensemble de l'économie comme prestations sociales, comme salaires hors emploi, comme possibilité de formes de vie sans employeur.

La ponction de 25 milliards (en France) représente plus de 1% du PIB. Comme cette ponction se reproduit chaque année et qu'elle prive de l'économie une masse monétaire perdue dans des coffres de propriétaires lucratifs insatiables, on peut parler de saignée.

Mais sous la houlette des Macrons, les employeurs et leurs actionnaires vont encore proliférer au nom de ... l'emploi et au détriment de l'économie, des salaires hors emploi.

Voir l'article de Challenge

Extrait
Les exonérations de cotisations de sécurité sociale ont représenté 27,6 milliards d'euros en 2012 (-2,2% par rapport à 2011), dont 25,6 milliards de cotisations patronales, selon les chiffres publiés vendredi 6 décembre par l'Acoss, la caisse nationale des Urssaf.
Ces exonérations, qui représentent 8,9% du total des cotisations dues aux Urssaf, sont notamment destinées à baisser le coût du travail pour les employeurs. L'Etat compense ce manque à gagner pour la sécurité sociale à hauteur de 90%.
En 2012, le montant global des exonérations est de nouveau en diminution (-2,2%), après une baisse de 5,7% l'année précédente.
Les allègements généraux sur les bas et moyens salaires (inférieurs à 1,6 Smic), mis en place à partir de 1993, représentent 80% de l'ensemble des exonérations. Ils sont en baisse en 2012 (-2,3%), sous l'effet notamment de la modification de la législation relative aux heures supplémentaires.

5% de la masse salariale dans le privé

Dans le secteur privé, les exonérations de cotisations représentent 5% de la masse salariale.
Parallèlement, les Urssaf ont encaissé l'année dernière un total de 316,5 milliards d'euros, un chiffre en hausse de 4% par rapport à 2011.
Cette progression fait suite à une augmentation exceptionnelle de 14,3% en 2011, liée notamment au transfert aux Urssaf du recouvrement des contributions d'assurance chômage et de la cotisation au régime de garantie des salaires.

Un patron contre l'employisme


Un patron souhaite se débarrasser de l'emploi, de l'employeur, pour pouvoir travailler correctement. Avec notre sympathie.

Pour ma part, je préférerai un système où ma rémunération est fixée et où je conserve mes droits sociaux, tout en ayant la liberté de produire comme j’en ai envie (dans le respect de l'intérêt collectif dicté par les lois). Plutôt que le système actuel, où lorsqu’on se refuse à subir le salariat, on devient un sorte de paria, sans droit, obligé de s’aligner sur l’idéologie capitaliste pour espérer un minimum (non garanti!) de confort (une retraite, une prise en charge en cas de maladie grave, un revenu en cas d’absence d’activité, une couverture santé digne de ce nom…).

Quelle autre alternative existe-t-il quand on ne veut pas être le salarié d’un autre ? Pas grand-chose à ma connaissance. A croire que le système veut punir celui qui ose remettre en question le travail subordonné en lui imposant d’adhérer à la doctrine capitaliste, ou le cas échéant, d’en baver sérieusement.

Réponse à M. Macron d'un ex-salarié, ex-chômeur, aujourd'hui à son compte
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