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Vies soldées

Vies soldées sans que la publicité ne s'en réclame. Allons-nous devoir nous équiper de rouets pour avoir accès à des vêtements qui ne sentent pas la sueur, la misère, la peur, l'enfance?

Accès à un article de Terraeco.

  • Résumé:

Le coton

- utilise énormément d'eau dans des pays en stress hydrique
- est subventionné aux États-Unis, ce qui condamne les producteurs du sud à des salaires faméliques
- le coton transgénique Bt inquiète
- les cours baissent régulièrement

La confection

- en moyenne un T-shirt est acheté 2,5€ quand il arrive en Europe
sur les conditions de travail, nous vous invitons à voir nos articles ici, ici ou ici.
- les T-shirt confectionnés en Europe reviennent à 14€



À quelques profits malheur est bon

Nous résumons et commentons un article publié dans l'Observatoire des Multinationales sur les conditions de travail dans le textile en Haïti.

Les faits:

- Les usines textiles se sont installées dans les zones franches en Haïti

- Les politiques refusent d'augmenter leurs salaires ou d'améliorer leurs conditions de travail pour tenir face à la concurrence
- Les ouvriers haïtiens viennent d’obtenir une augmentation minimale de leurs salaires, qui sera porté de 200 à 225 gourdes (4,65 à 5,23 dollars). Un montant qui ne suffira pas à leur assurer des revenus décents, et qui est aussi très éloigné des 500 gourdes revendiquées par les travailleurs du textile à l’occasion de plusieurs manifestations de rue au cours du mois de novembre.
- Mais, comme les vols de salaires sont fréquents, il n'est pas certain que les ouvriers haïtiens bénéficient de cette famélique augmentation

- Les usines dans les zones franches haïtiennes emploient 30.000 ouvrières textiles pour de grandes marques essentiellement américaines

- Il y a quelques années l'ambassade des États-Unis est intervenue pour bloquer un projet d'augmentation des salaires

- Suite au tremblement de terre de 2010, une politique de libéralisation agressive a été menée. Zones franches, dispenses fiscales et répression syndicale au programme.

Nous rappelons que la misère d'Haïti s'explique par la gigantesque dette qu'elle a dû régler pour rembourser l'affranchissement des esclaves à partir de 1825 (voir un article de Libération ici). Haïti a dû payer cette dette crapuleuse ... jusque dans les années 1952.

yon aksidan nan youn nan nou
se yon aksidan sou tout moun nan nou

Des ouvrières de ... douze ans

Info express, glanée sur la toile.




On a retrouvé des ouvrières de ... douze ans qui fabriquaient des jeans de marque Old Navy au Bangladesh. Cette marque appartient à Gap inc.

la vidéo en anglais
Vidéo de Democracy Now, en anglais, avec transcription


Inutile de dire que nous sommes déjà particulièrement préoccupés par l'emploi et sa nature productiviste déshumanisante chez les adultes, alors, a fortiori, chez les enfants! Nous appelons au jeu, au droit de vivre, au droit à l'innocence et à l'improductivité. Nous dénonçons la logique du gain comme contre-productive, comme criminelle. La bête de l'appât du gain qui mange le temps humain n'a aucune limite, ni nuit, ni dimanche, ni enfant, ni vieillesse, ni maladie.

Au bout du compte, la question lancinante, c'est pour quoi?
Deuxième question non moins lancinante, faudra-t-il que l'Europe, les États-Unis et autre Japon se mettent au diapason pour être concurrentiels?


Amitié et soutien chagrin à ces camarades trop jeunes pour ne pas être libres.

Ce qu'ils font à l'une d'entre nous, c'est à chacun d'entre nous qu'ils le font.

Grève dans le textile au Bangladesh

Nous apprenons que les ouvriers, que les ouvrières du textile font grève pour réclamer un salaire minimum (de 78€ par mois).



Si la somme peut paraître dérisoire en regard de la valeur ajoutée créée par leur travail, nous tenons à exprimer notre solidarité entière envers ce mouvement, nous tenons à saluer le courage et la ténacité des grévistes dans un pays où la grève ne fait pas partie des actions anodines de la vie.

Ils se battent pour du salaire, ce qui est au centre de nos préoccupations sur la plateforme,
ils se battent pour moins d'emploi - moins de temps de travail - ce qui est également au coeur de notre démarche,
ils se battent pour leur dignité, pour le statut universel du producteur, nous les appuyons pleinement.

 FranceTV - Grève au Bangladesh

Rappelons que ces grèves coûtent des jours de salaire à des ouvrières notoirement sous-payées, qu'elles se font à leurs frais.

Et n'oubliez pas, ce qu'ils font à l'un d'entre nous, ils le font à chacun d'entre nous.

Les mannequins sont aussi des productrices

Résumé et traduction:

Je vous mets en ligne un article sur les conditions de travail des mannequins. Souvent, ce sont des mineurs auxquelles on a fait miroiter des ponts d'or. Très jeunes, elles sont confrontées à des salaires insuffisants, à des milieux dans lesquels elles sont perdues - imaginez-vous à quatorze ans au Japon si vous êtes Russe ou aux USA si vous êtes Japonaise, sans avoir la moindre notion de la langue locale, sans vos parents.




Le succès, les gros chèques demeurent une exception. Si les règles existent (aux USA), il n'y a guère de contrôle pour les faire appliquer. Les horaires sont souvent contraignants: que l'on en juge, se coucher à deux heures du matin après 16 heures debout. Le documentaire Girl Model retrace les itinéraires de jeunes Sibériennes embauchées à la hussarde, envoyées au Japon et qui se retrouvent, après plusieurs semaine d'attente oisive et de travail ... endettées. Détail, il s'agit de très jeunes filles (13, 14, 15 ans, comme dans Zola).

Depuis la crise de 2008, les productrices ont perdu leur statut salarié au profit d'un statut d'indépendant, de free lance comme on dit dans la Lingua Franca. Anglais dans lequel elles doivent survivre en dépit d'une absence de formation, de cours, de scolarité suivie: elles sont endettées, ne remboursent jamais leurs dettes et doivent travailler dans l'emploi sans arrêt sous cette pression.

Les producteurs indépendants ne sont pas censés s'organiser en syndicat mais les Model Alliance et Freelancers Union qui donne des soins de santé tentent d'organiser ce secteur flexible. Freelancers Union a découvert que 29% de ses membres gagnaient moins de 25.000$ par an.

Elles ont une carrière très courte comme les sportifs professionnels - parfois, elle s'interrompt à 18 ans, les laissant sans ressources, sans formation, sans perspective.

Signalons que ces productrices
- pèsent 23% de moins que les autres femmes en moyenne
- sont souvent prépubères.
La CFDA, l'organisation des stylistes US recommande de ne pas utiliser de mannequin avant 17 ans avec une efficacité très inégale.

Lien en anglais:

the Nation - Models are workers too

Et n'oubliez pas: ce qu'ils font à l'une d'entre nous, ils le font à nous tous.


Les marques ne remboursent pas les dégâts

Rappelons les faits: en avril dernier, un immeuble, le Rana Plaza, s'est effondré. Il s'agissait d'un atelier de confection textile au Bangladesh. L'effondrement a provoqué plus de mille morts. Cet effondrement était lié à l'utilisation de matériaux de mauvaise qualité pour construire les bâtiments, il était lié à la mauvaise façon générale de ces ouvrages.



Cet effondrement fait suite à une longue série mais ne la termine pas. Les effondrements sont fréquents dans le secteur, les incendies aussi. Les conditions de travail sont épouvantables dans le secteur au Bangladesh et les pouvoirs locaux, trop contents des intéressements que lui concède les patrons du secteur, ferment les yeux avec une constance admirable.

Et c'est un massacre. Pour le moment ont lieu des pourparlers pour l'indemnisation des victimes à Genève. Une vingtaine de marques impliquées n'ont pas jugé utile de se déplacer, une dizaine sont présentes mais ne parviennent pas à un accord. Je cite l'article:

"L’effondrement en avril du Rana Plaza, immeuble de neuf étages d’ateliers de confection dans la banlieue de Dacca, a fait 1.129 morts, et l’incendie de l’usine Tazreen en novembre dernier 110 morts.
Mercredi, les débats, menés à huis-clos, ont porté sur les usines Tazreen, jeudi sur le Rana Plaza et sur la création d’un fonds de compensation pour le Bangladesh.
Ces discussions à huis-clos ont eu lieu à l’Organisation internationale du travail (OIT) qui reste neutre dans cette affaire, a précisé à l’AFP un porte-parole de l’organisation, Hans von Rohland.
Les 11 marques et revendeurs qui se sont rendus à Genève sont pour la plupart européens, dont Primark, Bon Marché, Camaïeu et Store Twenty One, ont indiqué dans un communiqué les organisations représentant les travailleurs.
En revanche, une vingtaine --dont Walmart, Benetton et  Mango-- ont refusé de répondre aux invitations insistantes à participer aux discussions, «démontrant un mépris total» pour les victimes, ont dénoncé les organisations."

Lien:
AFP - Libération

Je rappelle le fonctionnement du circuit: les marques sous-traitent à des négriers. Les négriers embauchent dans des conditions apocalyptiques à l'autre bout du monde des gens qui crèvent de faim. Les marques ne sont plus que des financiers qui vendent une image de marque et les producteurs se partagent une partie infime de la plus-value (de l'ordre de 1%).



Il s'agit bien sûr de travailleuses qualifiées voire douées. Elles ont un véritable savoir-faire et le mépris de leur sécurité n'est qu'un reflet du mépris dans lequel elles sont tenues. Nous tenons ce mépris de la vie des nôtres et de leurs qualifications pour criminel, nous soulignons qu'il est commis pour augmenter les marges des actionnaires des marques et des propriétaires locaux des usines, nous appelons à une lutte déterminée, résolue et méthodiques contre ces pratiques ultra-employiques.

Lien d'une émission radio sur le sujet:

Mermet au Bangladesh - émission dure

Et n'oubliez pas, ce qu'ils font à l'une des nôtres, c'est à nous tous qu'ils le font.