Les signes du burn-out

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Le burn-out est une maladie dangereuse qui peut engager le pronostic vital. Dans le cadre de l'emploi, elle est souvent directement provoquée par l'impératif de profit de la propriété lucrative.

Voici des signes auxquels il faut être attentifs pour dépister le burn-out chez vous, chez un collègue, chez un ami ou un parent. Les chômeurs sont également harcelés et mis sous pression par l'administration. Ils peuvent donc également développer cette maladie (l'emploi pourrit même ceux qui n'en ont pas).

http://www.rtl.fr/culture/bien-etre/burn-out-6-signes-qui-doivent-alerter-7777371586

Résumé:
Armelle Gautier identifie six signes de burn-out (voir l'article de Rtl de Johanna Anselem ici):

1. Intense fatigue
"La plupart du temps ils ne comprennent pas ce qui leur arrivent. Ceux qui sont le plus susceptible de souffrir de burn-out sont des personnes extrêmement actives, très impliquées au travail, qui sont souvent en suractivité"
2. Isolement des autres
"Ils n’ont plus de contrôle sur leurs tâches et leurs activités professionnelles et ressentent une extrême solitude".
3. Signes du corps
"Physiquement, il est fréquent de ressentir des problèmes gastriques comme des crampes d’estomac ou des remontées acides. De plus, les personnes souffrent souvent de troubles du sommeil et, dans certains cas, de troubles alimentaires. Les défenses immunitaires s’affaiblissent et les épisodes inflammatoires se multiplient, comme les angines. Le burn-out peut aussi déclencher des tensions musculaires comme des torticolis ou un mal de dos"
4. Cynisme
Ceux qui en souffrent développent souvent du cynisme vis-à-vis de leur travail. Ainsi, un professionnel de soins ne se souciera plus de ses patients, un enseignant se désintéressera de ses élèves et un agriculteur ne s’occupera plus de son exploitation. Une personne qui souffre se désintéresse de son environnement et de ses activités habituelles. Elle ressent un sentiment d’échec, adopte une attitude distante et voit les choses du côté négatif.
5. Trouble des facultés cognitives
"Il n’est pas rare aussi que les personnes touchées éprouvent des difficultés à fixer leur attention sur quelque chose, à lire et à écrire. Par contre, les activités manuelles sont moins affectées et offrent la possibilité de conserver le sentiment de pouvoir agir sur les choses".
6. Baisse de l'estime de soi
"Les personnes ont la sensation d’avoir échoué dans ce qui leur tenait le plus à cœur et d’être totalement inutiles au monde et aux autres.
"Elles ne ressentent plus rien. Comme si elles étaient anesthésiées, incapables d'éprouver aussi bien de la joie que de la douleur".

Pris aux coûts

Le gouvernement me prie de vous dire que vous êtes des coûts,

vos ancêtres ont eu tort de survivre à des millions d'années dans des cavernes à manger du gnou cru,

à des famines, des épidémies de peste, à l'inquisition, à la guerre ou aux catastrophes naturelles,

vous-mêmes, selon le gouvernement, comme vous êtes de déplorables coûts,
vous avez eu tort de survivre aux maladies infantiles, aux crises cardiaques, au cholestérol, à l'apocalypse nucléaire, au changement climatique, à la connerie humaine ou à "l'ennemi sans visage",

si vous avez eu un accident, puisque vous êtes un coût, vous avez eu tort d'y survivre, de surmonter vos séquelles, si vous avez eu une maladie, vous avez eu tort de vous soigner (et surtout, si vous êtes guéris, de vous guérir),


que vous soyez en emploi, au chômage, à la retraite, le gouvernement vous considère comme un coût, comme un handicap dans la concurrence,
vous êtes priés de disparaître au plus vite - ou en tout cas, de ne plus coûter,


si vous luttez contre la maladie, contre la dépression, vous êtes un coût,


si vous luttez pour la justice sociale, pour le droit, pour l'émancipation, pour un idéal quelconque, vous êtes un coût,


si vous passez du temps avec celles et ceux que vous aimez, vous êtes un coût,


si vous aimez, si vous croyez, si vous devenez, si vous travaillez (surtout, si vous travaillez sans employeur), vous êtes un coût,


si vous êtes un enfant, vous êtes un coût,
si vous êtes un travailleur, vous êtes un coût,
si vous êtes un parent, vous êtes un coût,
si vous êtes vieux, vous êtes un coût,
si vous êtes soignant, vous êtes un coût,
si vous êtes triste, vous êtes un coût,
si vous êtes heureux, vous êtes un coût,
si vous êtes vivant, vous êtes un coût,

Le gouvernement demande à tous les coûts de se comprimer, de disparaître, dans le monde entier, sous la pression des coûts, des autres coûts.
Quant à la solitude, la poésie, l'amour, la révolution, l'inutile, l'art, l'amitié, le sacré, la musique, ce sont des coûts.

Mais à qui coûtons-nous et que coûtons-nous? À qui la vie qui nous traverse doit-elle s'excuser de coûter? Est-ce que le gouvernement pourrait éclairer notre lanterne?

Le monde après le monde

À l'heure où les quotas laitiers sont supprimés en Europe pour favoriser l'agriculture industrielle, cette vidéo ci-dessous (sans parole, sur un site anglophone) interroge sur l'échelle de l'acte en emploi et sur son sens.

La concurrence entre les agriculteurs fait gagner les plus gros, les plus inhumains, les plus "efficaces". La mise en concurrence des travailleurs entre eux leur fait accepter les boulots les plus dégradants, les boulots où il s'agit de torturer des animaux. Si nous n'acceptons pas ces boulots dégradants, nous sommes nous-mêmes privés du nécessaire pour vivre - et toutes les innovations techniques, aussi révolutionnaires aient-elles été, n'ont jamais changé les termes de cette donnée.

C'est l'absurdité de l'industrie et de l'emploi tourné vers le lucre qui rend la question de la réduction du temps de travail obscène. Il ne faut pas réduire le temps de travail en allant encore plus vite, en mécanisant encore plus. Il faut changer la nature du travail c'est-à-dire la violence économique qui le sous-tend.

Confort, peine et vacuité

Nous vous partageons un article bouleversant d'un homme mûr. Sûr de ses choix prudents, cet homme est aujourd'hui confronté à la vacuité, à l'absurde d'une vie d'emploi.

Tradution de l'article de Nextshark (ici, en anglais).

Un homme révèle comment le choix du confort entre vingt et trente ans l'a amené dans une vie terriblement vide, pleine de peine (...). L'histoire de l'homme rappelle tragiquement comment ce que la société valorise le plus dans la vie est ce qui est la plus destructeur de soi.
" Salut, je m'appelle John. Ça fait un moment que je tourne autour du pot mais j'ai finalement passé le cap pour écrire ce post. J'ai besoin de décharger ma vie. De parler de moi. J'ai 46 ans, je suis banquier et j'ai vécu toute ma vie à l'opposé de ce que je voulais. Tous mes rêves, ma passion se sont évanouis. Dans un boulot stable, de 9h à 19h. Six jours par semaine. Pendant vingt-six ans. J'ai constamment choisi le chemin le plus sûr pour tout, ce qui a fini par changer celui que je suis.

Aujourd'hui, j'ai découvert que ma femme me trompait depuis dix ans. Mon fils ne ressent rien pour moi. J'ai réalisé que j'avais manqué l'enterrement de mon père POUR RIEN. Je n'ai pas terminé mon roman, je n'ai pas voyagé à travers le monde, je n'ai pas aidé les clochards. Toutes ces choses que je pensais être des certitudes pour moi adolescent. Si mon moi de jeunesse me rencontrait aujourd'hui, il me mettrait son poing, mon poing, dans la figure. Je vais expliquer comment ces rêves ont été écrasés.

Commençons par une description de moi quand j'avais vingt ans. C'était presque hier quand j'étais sûr de changer le monde. Les gens m'aimaient et j'aimais les gens. J'étais innovant, créatif, spontané, je prenais des risques et j'étais sympathique. J'avais deux rêves. D'abord, je voulais écrire un livre utopique/dystopique. Puis, je voulais parcourir la terre pour aider les pauvres et les sans-abris. Je sortais avec ma femme depuis quatre ans à l'époque. Un amour de jeunesse. Elle aimait ma spontanéité, mon énergie, ma capacité à faire rire les gens et elle se sentait aimée. Je savais que mon livre changerait le monde. Je montrerais le point de vue des "méchants" et des "tordus", en montrant à mes spectateurs que tout le monde pense différemment, que les gens ne pensent jamais que ce qu'ils font est mal. J'avais écrit 70 pages quand j'avais 20 ans. Je suis toujours à 70 pages et j'ai 46 ans. À vingt ans, j'avais baroudé en Nouvelle-Zélande et aux Philippines. J'avais le projet de traverser toute l'Asie, puis l'Europe, puis les Amériques (j'habite en Australie, au fait). Aujourd'hui, je n'ai été qu'en Nouvelle-Zélande et aux Philippines.

Nous arrivons maintenant au moment où tout en parti en vrille. Mon plus grand regret. J'avais vingt ans. J'étais fils unique. J'ai eu besoin de stabilité. J'ai eu besoin de prendre ce boulot de diplômé qui déterminerait toute ma vie. Qui consacrerait ma vie entière à un job de 9h à 19h. À quoi est-ce que je pensais? Comment aurais-je pu vivre alors que ma vie se serait réduite à mon boulot? En rentrant chez moi, j'allais préparer à manger, préparer le travail pour le lendemain et dormir à 22h pour me réveiller à 6h. Je ne peux pas me souvenir du moment où j'ai fait l'amour à ma femme pour la dernière fois.

Hier, ma femme a reconnu qu'elle me trompait depuis dix ans. Dix ans. Cela peut paraître long mais je ne peux pas saisir cette durée. Cela ne fait même pas mal. Elle dit que c'est parce que j'ai changé. Je ne suis pas celui que j'étais. Qu'ai-je fait ces dix dernières années? À part mon emploi, je n'arrive à rien dire. Je n'étais pas un bon mari. Je n'étais pas moi. Qui suis-je? Que m'est-il arrivé? Je n'ai même pas demandé le divorce, je ne lui ai pas crié dessus, je n'ai pas pleuré. Je ne sentais RIEN. Maintenant, je peux sentir une déchirure alors que j'écris ces lignes. Pas parce que ma femme me trompait mais parce que je réalise que je suis mort à l'intérieur. Qu'est-elle devenue cette personne marrante, énergique, qui prenais des risques que j'étais, cette personne désireuse de changer le monde? Je me souviens d'avoir été invité par la fille qui avait le plus de succès à l'école, je me souviens avoir décliné au profit de celle qui est maintenant ma femme. Mon Dieu, j'avais vraiment du succès auprès des filles à l'école. À l'université aussi. Mais je suis resté fidèle. Je n'ai pas exploré. J'ai étudié tous les jours.

Vous vous souvenez de tous ces voyages et ces romans dont je vous ai parlé? Tout s'est passé pendant les premières années d'université. Je travaillais à temps partiel et flambais tout ce que je gagnais. Maintenant, j'économise chaque centime. Je ne me souviens pas d'un moment que j'ai passé à m'amuser. D'un moment pour moi. Qu'est-ce que je peux bien vouloir maintenant?

Mon père est mort il y a dix ans. Je me rappelle avoir reçu des appels de ma mère. Elle me disait qu'il était toujours plus malade alors que j'étais de plus en plus occupé à la veille d'une promotion importante. Je ne l'ai pas vu une seule fois en quinze ans. Quand il est mort, je me suis dit que ça n'avait pas d'importance que je ne l'ai pas vu. En tant qu'athée, j'ai rationalisé cette mort, cela n'avait de toutes façons pas d'importance. À QUOI EST-CE QUE JE PENSAIS? Rationaliser toute chose, trouver des excuses pour tout reporter. Des prétextes. Procrastination. Tout cela a amené à une seule chose. Rien. J'ai intellectualisé que la sécurité était la chose la plus importante. Je sais maintenant que ce n'est absolument pas le cas. Je regrette de n'avoir rien fait de mon énergie alors que j'en avais. Mes passions. Ma jeunesse. Je regrette d'avoir laissé mon emploi prendre ma vie. Je regrette d'avoir été un mari épouvantable, une machine à faire de l'argent. Je regrette de ne pas avoir terminé mon roman, de ne pas avoir voyagé à travers le monde. De ne pas avoir été là émotionnellement pour mon fils. D'avoir été un foutu portefeuille sans émotion.

Si vous lisez ceci et que vous avez la vie devant vous, s'il-vous-plaît. Ne remettez pas. N'abandonnez pas vos rêves, ne les laissez pas pour plus tard. Savourez votre énergie, vos passions. Ne restez pas sur la toile pendant vos temps libres (sauf si votre passion l'exige). S'il-vous-plaît, faites quelque chose de votre vie tant que vous êtes jeunes. NE vous installez PAS à vingt ans. N'oubliez PAS vos amis, votre famille. NE vous oubliez PAS. NE gaspillez PAS votre vie, vos ambitions. Comme je l'ai fait moi. Ne soyez pas comme moi.

Désolé du long post, il fallait que ça sorte.

Retour à la chose

Nous ne résistons au plaisir de vous traduire, de vous partager cette réflexion d'Antonio Caro (dans Diagonal, ici, en espagnol).

Traduction (presque) fidèle
On a besoin de choses mais on consomme des signes. Dans la plupart de nos comportements de consommation, nous cherchons un produit qui satisfasse une nécessité spécifique mais, le plus souvent, la satisfaction de cette nécessité passe par le truchement du supersigne qui, comme l'appelait Baudrillard, constitue la marque.
Sauras-tu retrouver la marque?
La marque, en principe, nous oriente dans la forêt des objets. Quand on trébuche dans notre course à travers le supermaché ou l'hyper sur une marque connue, dont on a une image positive, on respire tranquillement. Notre tâche se réduit à sélectionner ce produit signé par une marque de confiance qui nous procure la tranquillité de réaliser un bon choix.

Mais quand on se comporte de cette façon, nous ignorons l'essentiel. [À savoir] que la marque est avant tout et comme les professionnels le savent très bien, une construction publicitaire. Que rien ne garantit que la qualité d'un produit signé par une firme de prestige soit de meilleure qualité que ses concurrents. Que, comme l'a révélé l'essor des marques blanches, la différence entre un produit qui affiche une première marque et un autre de marque bon marché se réduit bien souvent au prix.

En réalité, sous le clinquant des marques les plus prestigieuses se cachent toutes les misères du capitalisme présent. Par exemple, l'obsolescence programmée qui nous contraint à changer de produit quand il est encore en condition d'être utilisé. Par exemple, les activités de marketing sont soigneusement programmées pour que le même  produit soit adressé à deux segments distincts du marché en fonction du nombre, de l'emballage, du prix et du processus de transmutation en produit de marque. Par exemple, des mécanismes manient dans l'ombre les prédispositions qui orientent la consommation et décrètent qu'un produit est devenu vieillot, indépendamment de son état matériel, parce qu'il n'est plus à la mode.

Mais il y a beaucoup plus que cela. La marque constitue le terme ultime, la plateforme de signes qui nous isole du produit. Quand on contemple un produit à travers le prisme publicitaire, nous ne sommes généralement pas conscients à quel point ces images fascinantes, ces constructions imaginaires qui essaient de se connecter avec ce qu'il y a de plus profond en nous, ne sont, en définitive, que des courts-circuits qui nous bloquent l'accès à la matière du produit qui est, nous le verrons, inévitablement conditionnée par ce prisme publicitaire.

C'est précisément la raison pour laquelle la publicité fait appel de plus en plus à nos émotions. Il n'existe aucun type de rationalité dans le fond ni dans la forme de la logique publicitaire. Les émotions que mobilise la publicité constituent en pratique le procédé pour nous isoler face à la réalité du produit, laquelle paraît tissée à partir de ce moment-là par ce filtre d'émotivité que la publicité construit en écho à la marque.

Émotivité et plus-value

La conséquence est évidente. Dans la mesure où la marque édifie cette plateforme de signes qui nous isole du produit, elle constitue le principal instrument par le biais duquel, dans nos sociétés de consommation dans lesquelles nous vivons et que bien que peu d'analystes sociaux semblent avoir pris en compte jusqu'ici, le capitalisme génère de la plus-value. Le procédé est très simple: j'entoure le produit d'une panoplie de signes qui empêchent le consommateur d'avoir accès à sa réalité spécifique [du produit]. En faisant cela, je dispose d'une autonomie qui met le produit au service de la valorisation du capital et nos de la satisfaction de la nécessité à laquelle il semble en apparence destiné. Le résultat? Quand on consomme des signes-marques, quand on se laisse porter par cet effluve d'émotivité que la publicité construit autour des marques prestigieuses, on travaille pour le capial et contre nos intérêts spécifiques.
Sauras-tu retrouver l'ouvrière?
C'est pour cela que le retour au produit est si essentiel. C'est pour cela qu'il devient urgent d'échapper à cette atmosphère fascinante dont nous enveloppe la publicité et qui, loin d'être une nuisance contre laquelle nous nous battons chaque jour, représente le mécanisme par lequel les maîtres du capital nous sucent de la plus-value dans chaque acte de consommation, en apparence banal, que nous effectuons tous les jours.

Naomi Klein a posé le diagnostique il y a des années: "À mesure que les secrets qui reposent derrière le réseau mondial des marques seront connus par une quantité toujours plus grande de personnes, leur exaspération provoquera le grand choc politique du futur qui prendra la forme d'une grande vague de rejet frontal des entreprises transnationales et particulièrement celles dont les marques sont les plus connues."

Nous vivons aujourd'hui les premiers symptômes de ce choc. Et ainsi, chaque fois que quelqu'un examine attentivement l'étiquette d'un produit du supermarché, essayant de dévoiler la réalité du produit sous l'apparence de la marque; chaque fois qu'un participant du mouvement maker élabore un produit en valorisant ses propres aptitudes ou lieu de l'acquérir dans la grande valse des stocks, ils participent probablement sans le savoir à ce grand choc politique dont parle Klein. [Ce choc] passe, de manière inévitable, par la récupération du produit et, avec lui, du royaume de nos nécessités, face au voile imaginaire dans lequel la publicité l'emballe sous forme de marque.

La religion de l'emploi

Bernard Friot réfléchit sur la laïcité par rapport à la religion du marché de l'emploi et du crédit.

On n'a pas besoin de marché de l'emploi pour travailler,
on n'a pas besoin de banquier pour investir,
on n'a pas besoin d'employeur pour créer de la valeur économique
on n'a pas besoin de réduire le temps de travail pour augmenter la productivité.

Nous pouvons produire sans employeur, sans banquier, sans actionnaire qui nous pique notre temps et la valeur ajoutée que nous produisons, nous pouvons produire sans que le temps soit l'unité de mesure de la valeur.
Celles et ceux qui pensent que nous sommes condamnés à avoir un employeur, un banquier qui nous pique l'argent que nous devons lui rembourser (avec intérêt) et que la mesure du temps de travail fonde la valeur économique ne sont pas dans l'économie, ils sont dans la religion, dans la croyance.
Cette croyance obscurantiste transforme le travail en torture, l'humain en coût, la nature en poubelle, le plaisir en culpabilité, l'actionnaire en décisionnaire, etc.

Comme toute religion, cette croyance peut être remise en cause, peut disparaître. L'enjeu de cette mise en cause de cette religion, c'est la nature de notre temps, c'est le fait que l'humain soit considéré comme un coût, c'est le rapport à la production et au travail, c'est la liberté et la nature de la propriété.
Au nom de quoi le propriétaire lucrative décide si nous produisons, ce que nous produisons, comment nous produisons? Certainement pas au nom de l'efficacité ou de la supériorité morale de ce mode d'organisation du travail!




Conférence de Bernard Friot donnée à la Bourse du Travail à Grasse, le 27 février 2015. Partie 1/2 (partie 2 à venir).

L'emploi appauvrit

Mais oui: plus on travaille en emploi, plus on est pauvres et moins on travaille en emploi plus on a de salaire.
Ce n'est pas de l'emploi qu'il faut (ou alors vraiment le moins possible) mais du salaire.
N'hésitez pas à faire suivre aux syndicats qui braient: "de l'emploi, de l'emploi".

Les Grecs travaillent le plus d'heures en Europe. Heures de travail moyennes par semaine dans des pays de l'Union Européenne en 2013.