La guerre contre le salaire en Europe

MyEurop résume les attaques dont est victime le salaire minimum de par l'Europe ici. Nous résumons. La guerre contre les salaires est toujours menée au nom de l'emploi. Cette guerre ne crée pas le moindre emploi (avec les salaires, ce sont les carnets de commandes des entreprises qui se vident) mais dégonfle par contre avec beaucoup d'efficacité les salaires.

En France, Pascal Lamy et Pierre Gattaz, chef d'une petite officine patronale (le Medef) évoquent l'idée d'emplois payés moins que le SMIC (pour les jeunes pour Gattaz).

Cette idée nauséeuse est évidemment à condamner avec la plus grande fermeté: ce sont les salaires qui soutiennent l'économie, ce sont les salaires sociaux qui doivent relancer une économie et servir de base à sa démocratisation, indispensable au regard des enjeux écologiques. Il faut libérer l'économie des propriétaires lucratifs et de l'avidité.

En Grèce, la déglingue du salaire, la guerre au salaire a déjà remporté des victoires significatives. Extrait
Le Smic a, en effet, été grignoté de 22% (passant de 751 à 586 euros brut, soit 487 euros net), assorti d'une diminution complémentaire de 10% prévue pour les jeunes de moins de 25 ans).

En Allemagne où le SMIC sera d'application le premier janvier 2018, il sera obéré par de nombreuses exceptions. Extrait.
Ce texte prévoit une rémunération de 8,50€ brut de l’heure pour tous les secteurs d’activité et trois exceptions:
  • Les chômeurs de longue durée qui retrouvent un emploi pourront être rémunérés en dessous de ce smic horaire durant les six premiers mois de  leur contrat.
  • Les mineurs pourront être rémunérés en dessous de cette barre symbolique des 8,50€. Le but de la ministre du travail Andrea Nahles est d’inciter les jeunes à poursuivre leurs études et leurs formations au lieu d’entrer trop tôt sur le marché du travail.
  • Les stages de moins de 6 semaines échappent au Smic. En revanche, passées 6 semaines, les étudiants et apprentis recevront les 8,50€ de l’heure réglementaires
 En Grande-Bretagne, le SMIC instauré par Tony Blair connaît lui aussi de nombreuses exceptions. Extrait.

Le salaire horaire minimum est actuellement de 3,72£ (4,39 euros) pour les 16-17 ans, 5,03£ (5,93 euros) pour les 18-20 ans et 6,31£ (7,44 euros) pour les autres. Un jeune de moins de 18 ans peut donc être rémunéré 41% de moins qu’un adulte de plus de 20 ans pour le même emploi. Le taux pour les 16-17 ans a été mis en place en 2004: le gouvernement s'est aperçu que de nombreux jeunes de cette classe d’âge étaient exploités par leurs employeurs.
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Une enquête publiée un mois plus tôt sur les années 2008-2010 était pourtant formelle: le salaire minimum des jeunes n’avait pas influé sur le nombre d’emplois, mais plutôt sur les revenus: une hausse de 3% des taux juniors avait entraîné une réduction d’environ 10% des heures travaillées, ce qui s’était traduit par une perte d’environ 7% des revenus.

 En Espagne, les patrons font eux aussi pression pour instaurer un SMIC jeune encore plus misérable. Pourtant, ce pays, avec un chômage massif et un SMIC à 645€ constitue une preuve vivante de l'inanité de la guerre au salaire pour diminuer le chômage. Dont acte.

Nous proposons exactement l'inverse: une guerre à l'emploi pour augmenter les salaires.